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USFP : une pétition interne réclame l’opposition, le départ de la direction et un congrès extraordinaire

03 octobre 2026 - 13:47

Une pétition lancée par des militants de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) ouvre un nouveau front au sein du parti après les dernières élections législatives. Ses initiateurs réclament un positionnement clair dans l’opposition, le départ de la direction actuelle et la convocation urgente d’un congrès national extraordinaire destiné à engager une reconstruction politique et organisationnelle de la formation socialiste.

Le texte, adressé aux membres de l’USFP dans les différentes régions du Maroc, met directement en cause la gestion de la direction conduite par Driss Lachgar. Les signataires considèrent notamment que sa reconduction pour un quatrième mandat à la tête du parti, dans les conditions où elle est intervenue, a eu des répercussions négatives sur l’image de l’USFP et constituait déjà, selon leur analyse, un signal annonciateur des difficultés électorales auxquelles le parti allait être confronté.

Les auteurs de l’initiative critiquent également ce qu’ils qualifient de gestion «unilatérale» de la préparation des élections. Ils pointent notamment le recours à des candidats ne disposant, selon eux, d’aucun véritable ancrage politique ou organisationnel au sein du parti, ainsi que la manière dont ont été gérées les investitures pour les listes régionales féminines.

Au-delà de la sélection des candidats, c’est la ligne politique suivie par l’USFP durant la législature écoulée qui se trouve contestée. La pétition évoque un manque de lisibilité politique et reproche au parti ses hésitations face à plusieurs initiatives législatives et sociales. Pour ses promoteurs, ces choix ont contribué à l’érosion du capital électoral de l’USFP et au recul enregistré dans les urnes.

L’opposition plutôt qu’une place au gouvernement

Le principal enjeu concerne désormais le positionnement du parti dans la nouvelle configuration politique. Les signataires appellent explicitement l’USFP à rejoindre l’opposition et rejettent toute participation au prochain gouvernement. À leurs yeux, le verdict des urnes devrait conduire la formation socialiste à assumer une séquence d’opposition correspondant davantage à son poids électoral et à son histoire politique.

La pétition critique ainsi toute tentative de rechercher à tout prix une présence au sein de l’Exécutif. Ses auteurs estiment qu’une éventuelle participation gouvernementale ne pourrait offrir à l’USFP qu’une représentation limitée et risquerait de retarder le débat interne sur les causes de son recul.

Cette position place au cœur du débat une question plus profonde que celle de quelques portefeuilles ministériels : que doit faire un parti lorsqu’il sort affaibli des urnes ? Pour les initiateurs de la pétition, la réponse passe par l’opposition, l’autocritique et la reconstruction plutôt que par la recherche d’une place dans la prochaine majorité.

La direction Lachgar directement mise en cause

Les auteurs de la pétition demandent à la direction actuelle de procéder à une autocritique et de présenter des excuses avant de convoquer rapidement un congrès national extraordinaire. Celui-ci devrait, selon eux, permettre d’ouvrir de nouveau les portes de l’USFP aux cadres, compétences et militants qui l’ont quitté ces dernières années pour des raisons politiques ou organisationnelles.

Le texte va jusqu’à considérer que les résultats électoraux ont privé l’actuelle direction de sa légitimité politique. Il s’agit toutefois de la position défendue par les initiateurs de la pétition et non d’une décision émanant des instances statutaires du parti.

Derrière la contestation de Driss Lachgar se dessine ainsi un débat plus large sur l’avenir de l’USFP. La question n’est plus seulement celle du bilan électoral, mais celle de l’identité politique que le parti entend reconstruire : rechercher une place dans la prochaine majorité ou retrouver l’opposition pour tenter de clarifier sa ligne, renouveler son organisation et renouer avec une partie de sa famille politique.

La pétition choisit clairement la seconde voie. Reste désormais à savoir quelle place cette contestation parviendra à occuper dans le rapport de forces interne et si elle débouchera sur une véritable remise en question de la direction et de l’orientation du parti.

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