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Handicap au Maroc : des associations appellent le gouvernement à placer les droits et l’inclusion au cœur de son programme

04 octobre 2026 - 09:59

Deux organisations nationales appellent le nouvel exécutif à faire des droits des personnes en situation de handicap une priorité du programme gouvernemental 2026-2031. Elles réclament notamment une nouvelle architecture institutionnelle, l’accélération de la carte du handicap, le renforcement de l’éducation inclusive, l’application du quota d’emploi dans la fonction publique et une meilleure intégration du handicap dans la protection sociale.

À l’occasion de l’ouverture de la nouvelle législature issue des élections de septembre 2026, l’Union marocaine des associations œuvrant dans le domaine du handicap mental et l’Observatoire marocain de l’éducation inclusive ont appelé le gouvernement à inscrire la question du handicap au cœur de ses politiques publiques.

Dans un communiqué conjoint, les deux organisations plaident pour l’ouverture de nouveaux chantiers sociaux et structurels permettant de passer d’une prise en charge sectorielle du handicap à une approche transversale, intégrant ses différentes dimensions dans l’action publique.

Une nouvelle architecture gouvernementale

Les deux organisations réclament en premier lieu une « nouvelle architecture gouvernementale » accordant une place centrale au secteur du handicap, avec des compétences renforcées et des relais territoriaux capables d’améliorer la coordination entre les départements ministériels et les collectivités territoriales.

Elles préconisent également la création d’un système national d’information regroupant les données et indicateurs relatifs au handicap. Les résultats de la troisième enquête nationale sur le handicap devraient, selon elles, être utilisés dans l’élaboration des politiques et programmes sectoriels.

Les associations proposent parallèlement l’adoption d’un plan national quinquennal et multisectoriel consacré à la promotion des droits des personnes en situation de handicap.

Accélérer la généralisation de la carte du handicap

Parmi les priorités figure également la mise en œuvre effective du système d’évaluation du handicap lié à l’attribution de la carte de personne en situation de handicap.

Les deux organisations demandent que ce dispositif soit progressivement généralisé à l’ensemble des préfectures et provinces du Royaume dans un délai de trois ans.

Cette revendication s’inscrit dans une problématique plus large : faciliter l’accès effectif aux droits et aux services. Plusieurs acteurs marocains du secteur défendent depuis des années une approche fondée sur l’autonomie, l’accessibilité et l’inclusion socio-économique des personnes concernées.

École, université et formation professionnelle inclusives

L’éducation constitue un autre axe majeur du plaidoyer. Les associations appellent à développer davantage l’enseignement inclusif à tous les niveaux, de l’école à l’université, ainsi que dans la formation professionnelle.

Elles demandent notamment la suppression des obstacles réglementaires susceptibles de limiter l’accès des personnes en situation de handicap et le développement de services d’accompagnement adaptés.

Le communiqué préconise aussi l’intégration du programme de soutien à l’éducation et à la réadaptation des enfants en situation de handicap au système de protection sociale, tout en préservant les intérêts des enfants scolarisés, de leurs familles et des travailleurs sociaux concernés.

Les dispositifs de soutien devraient en outre être étendus aux étudiants en situation de vulnérabilité ainsi qu’aux services d’aide et de soins à domicile.

Emploi : faire respecter le quota de 7%

Sur le terrain de l’emploi, les deux organisations demandent l’établissement d’un cadre contractuel entre l’État et le secteur privé afin de déterminer un quota d’embauche des personnes en situation de handicap.

Elles réclament également un mécanisme de contrôle permettant de garantir l’application du quota de 7% réservé aux diplômés en situation de handicap pour l’accès à la fonction publique.

Le plaidoyer concerne aussi l’accès au logement. Les associations souhaitent la mise en place de mécanismes permettant aux personnes en situation de handicap de bénéficier de logements à des conditions financières abordables et préférentielles, ainsi que l’instauration d’un dispositif spécifique d’aide sociale intégré à la protection sociale.

Accessibilité et droits des aidantes

Sur le plan juridique, les deux organisations demandent d’accélérer la mise en place du système d’agrément encadrant les professions du travail social, conformément à la loi 45.18, et d’achever les textes réglementaires de la loi-cadre 97.13 relative à la protection et à la promotion des droits des personnes en situation de handicap.

Elles réclament également l’application complète de la loi 10.03 sur l’accessibilité, notamment en matière de transport, ainsi que son adaptation afin d’intégrer pleinement l’accessibilité numérique.

Une attention particulière est enfin accordée aux femmes assurant quotidiennement la prise en charge de proches en situation de handicap. Les associations demandent que leur travail soit reconnu dans le cadre de « l’économie du care » et qu’elles puissent bénéficier d’une intégration dans le système de protection sociale.

Elles proposent également de revoir le mode de calcul de l’indicateur utilisé par le Registre social unifié afin que le handicap soit mieux pris en compte dans l’évaluation de la situation des ménages et l’accès aux prestations sociales.

Au-delà d’une série de mesures sectorielles, le message adressé au nouvel exécutif est donc plus large : faire du handicap une question transversale de droits, d’égalité et de citoyenneté, plutôt qu’un domaine cantonné à la seule assistance sociale.

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