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Bruxelles juge « inacceptable » l’évacuation de Gaza

09 septembre 2025 - 18:19

La commissaire européenne Hadja Lahbib alerte sur l’impact humanitaire d’un déplacement massif ordonné par Israël et insiste sur la protection des civils au regard du droit international.

À Bruxelles, la réaction s’est faite immédiate. Hadja Lahbib, commissaire européenne à la Préparation et à la Gestion des crises, a jugé « inacceptable » l’ordre imposant aux habitants de Gaza de quitter la ville. Pour l’Union européenne, pousser un million de personnes à se déplacer dans un territoire dévasté par la guerre traduit une décision aux conséquences humanitaires considérables.

Dans son message diffusé sur les réseaux sociaux, Lahbib souligne l’impossibilité d’organiser un déplacement d’une telle ampleur « avec sécurité et dignité ». Elle rappelle surtout une exigence centrale : le droit international humanitaire protège les civils à chaque instant du conflit.

L’armée israélienne a classé Gaza-ville comme « zone de combat dangereuse ». Sur la carte publiée par ses forces, la capitale apparaît en rouge intégral, avec seulement deux zones désignées comme « humanitaires » à Deir Al Balah et Khan Younès. Ces espaces, déjà saturés, accueillent des centaines de milliers de déplacés.

L’offensive militaire poursuit un objectif annoncé : contrôler Gaza-ville, affaiblir le Hamas et libérer les otages retenus depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Quarante-huit captifs restent recensés, dont vingt encore en vie selon les chiffres officiels. La manœuvre mêle donc stratégie sécuritaire et pression politique, dans un climat où les chefs militaires ont reconnu que l’assaut risquait de mettre les prisonniers en péril.

La sortie de Bruxelles agit comme un signal. Lahbib met l’accent sur la réalité concrète : un déplacement forcé de cette ampleur dépasse les capacités d’un territoire déjà épuisé. Le message européen place les civils au centre du débat et rappelle l’urgence de contenir une spirale de souffrance collective.

Les données des Nations unies confirment cette situation extrême. Selon l’OCHA, 80 % de Gaza est déjà sous ordre d’évacuation ou sous contrôle militaire. Les hôpitaux croulent sous l’afflux de blessés, la population vit avec faim, maladies et déplacements successifs.

Dans ce contexte, la déclaration européenne sonne à la fois comme un rappel éthique et une interpellation politique. Pour les familles contraintes de fuir à répétition, chaque voix extérieure compte, même si la réalité quotidienne demeure celle des bombardements. Pour les opinions publiques occidentales, cette position façonne aussi la manière dont la guerre est perçue et jugée.

La guerre de Gaza met en lumière les fractures d’un ordre international partagé entre sécurité des États, droits des peuples et calculs stratégiques. En dénonçant l’évacuation de Gaza, Bruxelles réaffirme un principe simple : le sort des civils demeure la mesure première de la légitimité d’une guerre.

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