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Ken Follett et l’imagination au service du mystère de Stonehenge

21 septembre 2025 - 07:23

L’écrivain britannique publie Le cercle des jours, un roman qui reconstitue la construction du monument mégalithique le plus célèbre du Royaume-Uni. Avec peu de certitudes historiques, Follett fait de l’imagination l’outil principal pour donner vie à ce site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ken Follett a vendu plus de 200 millions d’exemplaires de ses livres traduits en quarante langues. Ses lecteurs en France, au Maghreb et dans le monde francophone le connaissent pour Les Piliers de la Terre. Cette fois, l’auteur choisit un terrain plus énigmatique : Stonehenge. Faute de documents fiables sur son origine et ses bâtisseurs, Follett a reconnu avoir dû inventer davantage que dans ses précédentes œuvres.

L’idée est née de la lecture de How to Build Stonehenge. Intrigué, Follett s’est plongé dans les recherches archéologiques, a marché sur la plaine de Salisbury et a suivi la route présumée des pierres sur près de cinquante kilomètres. À partir de cette expérience physique et de lectures spécialisées, il a bâti une fiction qui combine rigueur et liberté créatrice.

L’auteur aime que la construction serve de moteur narratif. Dans Les Piliers de la Terre, l’édifice était une cathédrale médiévale ; dans Le cercle des jours, l’ambition est plus mystérieuse, mais la logique est la même : raconter une mission collective où chaque personnage lutte pour accomplir un projet qui le dépasse. Follett y place aussi des figures féminines fortes, fidèles à son habitude de mettre en scène des héroïnes qui refusent les rôles imposés par leur époque.

Il nie toute volonté de transmettre un message politique direct, même s’il ne cache pas son attachement au Parti travailliste britannique. Pour lui, les lecteurs ne cherchent pas des consignes électorales, mais des histoires capables de susciter des émotions profondes. Colère face à l’injustice, larmes devant une perte, exaltation devant un rêve accompli : Follett sait que l’émotion constitue la clé d’un best-seller.

Le choix de Stonehenge confirme l’attrait universel des grands mystères historiques. Comment des communautés de pasteurs ont-elles transporté et dressé ces blocs de plusieurs tonnes ? Les archéologues offrent des hypothèses, mais les zones d’ombre restent nombreuses. C’est dans cet espace de doute que la fiction trouve son souffle, en donnant chair à ce que la science laisse en suspens.

Le roman sort en anglais en septembre et en français à l’automne. L’attente est forte, portée par la fidélité d’un lectorat qui retrouve chez Follett un équilibre rare entre érudition et narration populaire. À travers Stonehenge, il propose un voyage qui va bien au-delà de l’histoire britannique : une méditation sur le désir humain de bâtir, de marquer le temps et de transformer la mémoire collective en récit partagé.

Dans Le cercle des jours, Follett érige bien plus qu’un monument et révèle l’élan humain qui pousse à bâtir et à laisser une trace. Stonehenge apparaît comme le témoignage d’une aspiration éternelle, celle de traverser le temps.

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