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Le gouvernement palestinien attend une semaine décisive à l’ONU

21 septembre 2025 - 12:52

Varsen Aghabekian annonce une “semaine mémorable” alors que Londres, Ottawa et Canberra s’apprêtent à reconnaître officiellement l’État de Palestine.

À la veille de l’Assemblée générale des Nations unies, la diplomatie palestinienne affiche un mélange d’espoir et de gravité. Varsen Aghabekian, ministre des Affaires étrangères de l’Autorité nationale palestinienne, a déclaré dimanche que “cette semaine sera mémorable et significative”. Ses mots traduisent l’attente d’un moment politique qui pourrait redessiner la place de la Palestine sur la scène internationale.

L’annonce attendue du Premier ministre britannique Keir Starmer, qui doit officialiser la reconnaissance de l’État palestinien, constitue un signal fort. Le Royaume-Uni rejoint ainsi le Canada et l’Australie dans une dynamique qui dépasse la seule rhétorique. Pour Aghabekian, ce geste envoie “un message d’espoir au peuple palestinien”, au moment où l’armée israélienne poursuit son offensive sur Gaza, contraignant des milliers de familles à fuir vers le sud.

En juillet, Londres avait posé des conditions: cessez-le-feu, arrêt des annexions en Cisjordanie, amélioration de la situation humanitaire. Aucun de ces engagements n’ayant été respecté, la décision britannique arrive comme une réponse politique à une guerre qui a déjà fait plus de 65 000 victimes palestiniennes, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza.

La ministre a insisté sur le rôle de l’Organisation de libération de la Palestine, qu’elle qualifie d’“unique représentant légitime du peuple palestinien”. Les priorités qu’elle énonce restent immédiates et vitales: mettre fin à la famine, empêcher les déplacements forcés, protéger les civils et arrêter l’escalade de la violence.

Ce nouveau pas diplomatique ne mettra pas un terme à l’offensive israélienne, préviennent les analystes, mais il accentuera l’isolement de Tel-Aviv et de Washington. Les deux pays se retrouvent alignés avec une poignée de gouvernements ultraconservateurs, tels que la Hongrie ou l’Argentine, ainsi qu’avec quelques micro-États du Pacifique. Face à eux, 147 pays sur les 193 membres de l’ONU reconnaissent déjà la Palestine.

L’Assemblée générale s’annonce donc comme un espace de fracture et de recomposition. L’appui de puissances occidentales donne un poids supplémentaire à la solution des deux États, souvent reléguée à l’arrière-plan mais jamais effacée. Pour Aghabekian et le président Mahmoud Abbas, la bataille diplomatique devient une manière d’opposer une légitimité internationale au poids de l’occupation.

Cette semaine pourrait être retenue comme un jalon. Non parce qu’elle résout le conflit, mais parce qu’elle consacre l’idée que la reconnaissance de la Palestine n’est plus un horizon lointain, mais une exigence portée par une majorité croissante de la communauté internationale.

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