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Abderrahim, survivant du séisme de 2023, honoré au Bernabéu

22 septembre 2025 - 12:47

Le jeune Marocain de 16 ans, qui avait bouleversé le pays après avoir perdu sa famille dans la catastrophe d’Al Haouz, a donné le coup d’envoi du match Real Madrid – Espanyol.

Abderrahim Ouhida n’avait que quatorze ans lorsque le séisme de septembre 2023 dévasta la région d’Al Haouz. Ce soir-là, il perdit ses parents, ses grands-parents et deux de ses frères. Son village disparut sous les décombres et son histoire, racontée à la télévision marocaine alors qu’il portait un simple maillot du Real Madrid pour essuyer ses larmes, devint l’un des visages les plus marquants de cette tragédie nationale.

Deux ans plus tard, l’adolescent a retrouvé une scène bien différente. Invité par le Real Madrid, il s’est rendu avec son oncle et quelques proches à la capitale espagnole pour vivre une semaine chargée en émotions. Le club, qui l’avait déjà soutenu dans les mois suivant la catastrophe grâce aux réseaux de supporters de Casablanca et Tétouan, a voulu transformer ce souvenir douloureux en une expérience de fraternité et d’espérance.

À Madrid, Abderrahim a découvert l’univers du club qui avait accompagné ses rêves d’enfant. Il a visité le musée du Bernabéu, contemplé les quinze Coupes d’Europe, parcouru la Ciudad Real Madrid à Valdebebas et même rencontré l’équipe de basket. Les moments les plus intenses se sont toutefois déroulés sur la pelouse, lorsqu’il a pu serrer dans ses bras Kylian Mbappé, Vinícius Júnior ou Dani Carvajal, joueurs qu’il n’avait vus jusqu’alors qu’à travers un écran.

Le samedi, lors du match de Liga face à l’Espanyol, le jeune Marocain a franchi une étape symbolique. Devant des dizaines de milliers de spectateurs, il a donné le coup d’envoi de la rencontre, accueilli par une ovation du stade Santiago Bernabéu. Les images de cet instant ont circulé sur les réseaux sociaux, ravivant le souvenir de son parcours et rappelant au public européen la douleur encore vive laissée par le tremblement de terre du Haut Atlas.

Pour Abderrahim, qui a souvent répété son souhait de poursuivre ses études afin de devenir médecin ou professeur, ce voyage représentait bien davantage qu’une récompense sportive. C’était la preuve qu’au-delà de la catastrophe et de l’isolement des montagnes détruites, un avenir reste possible. Le Real Madrid, par ces gestes répétés depuis deux ans – maillots dédicacés, soutien matériel et reconnaissance publique – a offert à ce survivant la possibilité de transformer la mémoire de la perte en une force nouvelle.

L’histoire d’Abderrahim touche particulièrement au Maroc, où la cicatrice du séisme demeure vive. Elle illustre la capacité d’un jeune à incarner la dignité d’une communauté meurtrie, mais aussi l’importance des symboles partagés entre nations. Quand un enfant marocain devient le centre d’attention dans l’un des plus grands stades du monde, ce n’est pas seulement une histoire de football, c’est une manière de rappeler que la solidarité transcende frontières et catastrophes.

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