À New York, lors d’une réunion consacrée au rôle des femmes dans la construction de la paix, Nasser Bourita a présenté les engagements du Maroc. Le ministre a mis en avant une vision féministe de la politique étrangère qui s’inscrit dans un parcours national porté par les réformes royales et qui se traduit déjà dans la diplomatie marocaine.
À l’heure où les conflits s’étendent et les crises se multiplient, le chef de la diplomatie marocaine estime que les approches traditionnelles du maintien de la paix ne suffisent plus. « La paix ne peut être conçue sans le regard et les réponses des femmes », a affirmé Nasser Bourita à New York, soulignant que l’intégration des femmes dans la prévention et la résolution des conflits constitue une correction indispensable plutôt qu’une concession.
Le ministre a rappelé que cette orientation se traduit concrètement au sein du Royaume par le renforcement de la participation féminine dans les contingents militaires, les états-majors et les instances décisionnelles. La formation et l’autonomisation des médiatrices constituent également une priorité pour assurer une présence féminine dans les processus de négociation et de réconciliation.
Cette vision inclut une tolérance zéro face aux violences faites aux femmes, ainsi que la promotion de leurs voix dans la prévention de l’extrémisme violent. Pour Rabat, les femmes représentent des actrices de premier plan dans la construction d’une culture de paix durable.
En insistant sur l’adhésion du Maroc au réseau FFP+ cette année, Bourita a souligné la portée symbolique de ce pas en avant, à l’occasion du 25ᵉ anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité et du 30ᵉ anniversaire de la Déclaration de Pékin. Le ministre a insisté sur l’importance d’apporter la perspective du Sud à ce débat, rappelant que les luttes pour l’égalité ne connaissent ni frontières ni particularismes.
Le discours s’est inscrit dans la continuité des réformes nationales initiées par SM le Roi Mohammed VI. La Constitution, la réforme du Code de la famille et les appels récents à actualiser ce dernier pour consolider les acquis en matière d’égalité témoignent, selon Bourita, d’un processus irréversible. « L’approche féministe de la politique étrangère n’est pas une importation, mais l’aboutissement naturel d’un parcours national », a-t-il précisé.
Cette trajectoire se reflète déjà dans les chiffres. Les femmes représentent 48 % des effectifs du ministère des Affaires étrangères, occupent 49 % des postes de responsabilité au sein de l’administration centrale, dirigent 21 % des ambassades — dont certaines dans des pays stratégiques — et sont à la tête de 40 % des consulats généraux.
Ces données traduisent une réalité diplomatique qui place le Maroc parmi les pays pionniers de la région dans la féminisation de ses institutions extérieures. Pour Bourita, cette avancée illustre la cohérence entre les réformes internes et l’action internationale du Royaume.
La rencontre de New York a ainsi mis en lumière une conviction : la paix ne peut se construire que par l’inclusion de toutes les voix. En défendant cette vision, le Maroc entend contribuer à renouveler les fondements du multilatéralisme à un moment où l’architecture internationale de sécurité apparaît fragilisée.