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L'Express : l’Algérie face à un double revers diplomatique qui confirme son isolement

04 novembre 2025 - 12:50

Dans un article publié par L’Express, la journaliste Charlotte Lalanne analyse la double défaite diplomatique d’Alger : la remise en cause par Paris de l’accord migratoire de 1968 et l’adoption par le Conseil de sécurité du plan marocain d’autonomie pour le Sahara. Deux signaux qui révèlent l’isolement croissant d’un régime prisonnier de ses réflexes du non-alignement et privé d’alliés fiables.

En moins de quarante-huit heures, le pouvoir algérien a encaissé deux coups symboliques.
Le 30 octobre, une résolution présentée par le Rassemblement national à l’Assemblée nationale française a été adoptée, visant à dénoncer l’accord bilatéral de 1968 qui accordait un régime migratoire favorable aux ressortissants algériens. Un texte inattendu, issu d’un parti longtemps marginal sur le plan institutionnel, mais désormais capable d’imposer ses thèmes à la majorité.

À peine vingt-quatre heures plus tard, le Conseil de sécurité des Nations unies approuvait le plan marocain d’autonomie pour le Sahara marocain, marquant un nouveau succès diplomatique de Rabat et une défaite directe pour Alger, soutien traditionnel du Front Polisario. Cette double séquence, résume Le Point, agit comme « une gifle aller, une gifle retour ».

Un pays sans boussole diplomatique

Depuis plusieurs années, l’Algérie revendique une diplomatie « non-alignée » héritée des années 1960, mais ce choix idéologique se retourne désormais contre elle. Fâchée avec la plupart de ses voisins, hormis une Tunisie fragilisée, et méfiante à l’égard des Occidentaux, Alger se retrouve isolée. Même la Russie, alliée militaire historique et principal fournisseur d’armes, n’a pas utilisé son veto lors du vote onusien sur le Sahara — un silence lourd de signification.

Cette perte d’influence se lit aussi dans les réactions internationales : là où Rabat engrange des soutiens institutionnels et économiques, Alger se contente de dénoncer un « complot occidental » sans convaincre. La posture défensive du régime traduit son épuisement politique.

L’ombre de la répression intérieure

L’article souligne que cet affaiblissement extérieur n’enlève rien à la capacité de nuisance interne du régime. Deux Français, l’écrivain Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleizes, en subissent aujourd’hui les conséquences, détenus dans les prisons algériennes. Cette dérive autoritaire s’accompagne d’une crispation diplomatique : l’isolement international se transforme en fermeture politique.

Le contraste marocain

Face à cet immobilisme, la diplomatie marocaine poursuit sa stratégie patiente et méthodique. L’appui renouvelé de l’ONU au plan d’autonomie confirme la cohérence d’une politique qui mise sur la stabilité, l’investissement et l’ouverture régionale. Rabat a su transformer la question du Sahara en vecteur d’influence et non en obstacle.

L’Algérie, en revanche, reste prisonnière d’une doctrine figée, persuadée que son prestige révolutionnaire suffit à lui garantir un rôle central. Le monde a changé, pas elle.

Un avertissement pour la région

Comme le conclut Charlotte Lalanne, le régime algérien se découvre nu, « le roi est nu ». Il n’en est pas moins dangereux : l’absence d’alliés, la fragilité économique et la tension sociale intérieure en font un acteur imprévisible. L’épisode du Sahara révèle moins une conjoncture qu’une tendance — celle du retrait diplomatique d’un État jadis moteur du Tiers Monde et désormais spectateur de sa propre marginalisation.

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