Le grand quotidien français Le Monde estime que la crise migratoire de Sebta dépasse désormais le simple cadre humanitaire et frontalier pour devenir un enjeu politique européen majeur. Dans un éditorial publié le 1er août, le journal dénonce ce qu’il qualifie d’« exploitation éhontée » de la tragédie par plusieurs forces politiques européennes, en particulier l’extrême droite.
Selon le quotidien, les milliers de passages enregistrés à Sebta ont rapidement alimenté un discours présentant la situation comme une « invasion », alors même que la majorité des migrants ont regagné le Maroc dans les jours qui ont suivi grâce à la coopération entre Rabat et Madrid.
Une instrumentalisation politique
Pour Le Monde, plusieurs responsables politiques européens ont utilisé cette crise pour relancer leurs propositions de durcissement des politiques migratoires et remettre en cause le fonctionnement de l’espace Schengen.
Le journal considère que ces réactions reposent souvent davantage sur des logiques électorales que sur une analyse des causes profondes de la crise, qu’il relie notamment à la désinformation sur les réseaux sociaux, aux réseaux de passeurs et aux vulnérabilités socio-économiques.
L’Europe appelée à une réponse commune
L’éditorial souligne que la gestion de la frontière sud de l’Union européenne ne peut reposer uniquement sur l’Espagne ou sur le Maroc.
Pour Le Monde, cette crise révèle la nécessité d’une politique migratoire européenne davantage coordonnée, combinant contrôle des frontières, coopération avec les pays partenaires et lutte contre les réseaux criminels.
Le rôle du Maroc dans le débat
Sans exonérer Rabat de toute responsabilité, le quotidien français estime que la crise ne peut être réduite à une lecture exclusivement bilatérale entre le Maroc et l’Espagne.
Le débat porte désormais sur la capacité de l’Union européenne à élaborer une stratégie commune face aux crises migratoires tout en évitant que celles-ci ne soient instrumentalisées à des fins politiques.
Selon les analyses publiées ces derniers jours par plusieurs médias espagnols, les services de renseignement estiment que les autorités marocaines auraient toléré puis exploité politiquement la situation, sans pour autant avoir planifié l’afflux massif de migrants.