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Akharbach: l’emprise des plateformes accroît les risques pour l’information

03 décembre 2025 - 18:39

La présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, Latifa Akharbach, a mis en garde contre l’influence grandissante des grandes plateformes numériques sur l’écosystème médiatique. Selon elle, leur domination croissante sur le marché de l’information et l’espace public favorise la montée des risques médiatiques et fragilise la qualité du débat démocratique.

Cette alerte a été lancée lors du Forum de dialogue entre les autorités de régulation des médias francophones et les grandes plateformes numériques, tenu à Dakar les 1er et 2 décembre. La rencontre a rassemblé des représentants de Meta, TikTok, X (ex-Twitter) et Google, ainsi que des régulateurs venus des espaces francophone et africain.

Latifa Akharbach a souligné que ces entreprises privées, guidées avant tout par des logiques commerciales, exercent une influence décisive sur l’expression publique à travers des algorithmes peu lisibles. Ces outils déterminent la visibilité des contenus, facilitent ou restreignent leur diffusion et contribuent à leur amplification. Ce pouvoir, a-t-elle averti, agit souvent sans contrôle démocratique direct.

La responsable a également attiré l’attention sur les menaces pesant sur le pluralisme et la diversité de l’information, à chaque étape de la vie démocratique, et pas uniquement en période électorale. Elle a notamment dénoncé l’essor de la publicité politique ciblée, devenue un levier d’influence préoccupant, capable d’orienter les opinions de manière subtile et massive.

Le forum a réuni les membres du réseau des autorités africaines de régulation de la communication. L’événement a été organisé par le Conseil national sénégalais de la régulation audiovisuelle, dans le cadre de sa présidence du réseau francophone des organismes de régulation des médias, auquel la Haute Autorité marocaine est affiliée.

La rencontre s’est inscrite dans la mise en œuvre de la Déclaration d’Abidjan adoptée en avril 2024, qui appelle à renforcer le dialogue entre autorités de régulation et plateformes numériques dans les espaces africain et francophone.

Les travaux ont porté sur deux axes principaux : la lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères dans les processus électoraux, ainsi que la protection des mineurs dans l’univers numérique. Par ailleurs, l’Organisation internationale de la Francophonie, partenaire de l’événement, a animé un atelier consacré au dialogue entre régulateurs et plateformes en période de crise.

Des experts en technologies numériques, des représentants des grandes plateformes mondiales et des délégations issues des régulateurs francophones et africains ont participé aux échanges, avec l’objectif d’instaurer un cadre de dialogue structuré visant à renforcer les droits des usagers des médias.

La délégation marocaine comprenait notamment Adil Benhamza, membre du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, et Talal Salah Eddine, responsable des affaires africaines et internationales de la Haute Autorité.

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