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Syrie : une transition encore fragile, avertit une commission onusienne

08 décembre 2025 - 09:25

Un an après la chute du régime d’Assad, une commission indépendante de l’ONU estime que la transition syrienne traverse une phase délicate. Les fractures sécuritaires et les traumatismes accumulés continuent de peser sur l’avenir du pays.

Une déclaration de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, publiée à l’occasion du premier anniversaire de la chute du régime d’Assad, souligne l’ampleur des défis auxquels fait face le pays. Les experts saluent les efforts engagés pour documenter les violations du passé et initier un travail de réparation, tout en rappelant que la situation demeure instable dans plusieurs régions.

Les commémorations du 8 décembre interviennent après une année marquée par l’espoir initial d’un changement politique profond. Selon la commission, les violences survenues dans les zones côtières, à Soueïda et dans d’autres provinces ont ravivé des inquiétudes liées aux déplacements internes, à la polarisation sociale et à l’incertitude quant à la direction que prendra le pays.

Le rapport évoque une « série d’actes d’une gravité extrême » imputés à l’ancien appareil d’État. Ces violences, qualifiées d’« organisées » et dirigées contre la population, constituent un dossier central dans le processus de justice transitionnelle engagé par les nouvelles autorités. La commission insiste sur la nécessité de garantir que ces pratiques ne se répètent pas, en consolidant des institutions capables d’imposer l’État de droit.

La question des personnes disparues reste un enjeu majeur. Des milliers de familles vivent encore dans l’attente d’informations sur leurs proches, un traumatisme qui freine la capacité de la société syrienne à se reconstruire. Les experts estiment que la gestion de ce dossier déterminera la crédibilité du processus politique en cours.

La commission rappelle également que l’hiver ramène chaque année son lot de vulnérabilités. De nombreuses familles déplacées se préparent à vivre à nouveau sous tente, dans des conditions précaires. Cette réalité soziale pèse sur la dynamique de réconciliation et met en lumière l’urgence d’un soutien humanitaire constant.

Pour les observateurs régionaux, la transition syrienne illustre les difficultés structurelles auxquelles fait face un pays sorti d’un conflit prolongé. La reconstruction institutionnelle, la sécurisation du territoire et l’établissement d’une justice indépendante nécessitent du temps, des ressources et une volonté politique claire. La commission exprime néanmoins sa conviction que les Syriens possèdent la capacité d’avancer vers une société plus stable et plus juste.

Le Conseil des droits de l’homme a prolongé le mandat de la commission pour une année supplémentaire en avril dernier, signe de l’importance accordée à la documentation des violations et à l’établissement des responsabilités. Cette prolongation vise à maintenir une pression internationale sur les acteurs impliqués, tout en soutenant les efforts locaux de justice et de vérité.

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