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Midaoui esquisse les contours d’une nouvelle carte universitaire marocaine

10 décembre 2025 - 12:16

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Aziz D. Midaoui, a présenté les grandes lignes d’une réforme destinée à redéfinir la structuration de l’université marocaine. Cette vision repose sur la création de pôles universitaires régionaux, la réorganisation des facultés pluridisciplinaires et l’accélération des chantiers liés aux noyaux universitaires et aux institutions de nouvelle génération.

Lors de la séance des questions orales au Conseil de la Chambre des conseillers le 9 décembre, Midaoui a rappelé que les transformations rapides du monde imposent une révision profonde de l’offre universitaire. Il estime que l’université marocaine doit désormais former des compétences aptes à évoluer dans un marché du travail globalisé, idée qui dépasse les logiques strictement locales.

Le ministre a souligné la volonté de garantir un maillage universitaire équilibré, capable de répondre aux besoins nationaux et régionaux. De nouvelles institutions ouvriront prochainement à Laâyoune et Dakhla pour former une nouvelle génération d’ingénieurs, avec une structuration adaptée aux orientations stratégiques du pays et aux enjeux technologiques émergents.

Au sujet des facultés pluridisciplinaires, Midaoui a rappelé qu’elles se sont éloignées de leur fonction initiale depuis leur création en 2003. Leur transformation en ensembles massifs rassemblant des dizaines de milliers d’étudiants et des filières hétérogènes a fragilisé leur cohérence académique. La réforme annoncée s’appuie sur les recommandations du Conseil supérieur de l’Éducation de 2022, qui préconisent un nouveau modèle conciliant équité territoriale, proximité de l’enseignement supérieur et adaptation des formations aux besoins des régions et aux métiers d’avenir.

Le ministre a également mis en avant le projet de loi 29-54, actuellement examiné à la Chambre des représentants. Ce texte ouvrirait la voie à la création de pôles universitaires régionaux unifiés, dirigés par une université publique dotée d’une autonomie administrative et financière. Ces structures visent l’harmonisation des formations, la mutualisation de la recherche et la fin de la dispersion institutionnelle observée dans plusieurs régions.

Concernant les noyaux universitaires programmés depuis 2018, Midaoui a indiqué que 33 projets sont inscrits sur la carte, mais que les contraintes budgétaires de 2025 ont retardé leur achèvement. Les chantiers ayant déjà franchi toutes les étapes réglementaires avancent, notamment à Al Hoceïma, Taounate, Ksar El Kebir, El Hajeb, Benguérir et Sidi Bennour. D’autres institutions sont prêtes à être lancées dès validation par les conseils universitaires.

Le ministre affirme avoir demandé aux universités de proposer des scénarios actualisés pour finaliser les projets en attente et accélérer un chantier jugé crucial pour l’avenir du système d’enseignement supérieur marocain.

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