La liberté d’expression et l’accès à l’information connaissent une détérioration mondiale d’une ampleur inédite depuis plusieurs décennies. Le dernier rapport de l’UNESCO fait état d’une baisse de 10 % de l’indice mondial de liberté d’expression entre 2012 et 2024, avec une accélération nette au cours des dernières années. Ce constat repose sur des données consolidées et comparables à l’échelle internationale.
Le rapport met en évidence des tendances lourdes : affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels, pressions accrues sur les médias indépendants, progression de l’autocensure et instrumentalisation croissante du droit pour restreindre l’expression critique. À cela s’ajoute un environnement numérique dominé par de grandes plateformes, où la désinformation et les contenus hostiles fragilisent l’intégrité de l’espace public.
Les journalistes se trouvent en première ligne de cette crise. L’UNESCO documente l’augmentation des violences, des menaces et des exils forcés, souvent accompagnés d’une impunité persistante. La viabilité économique des médias, déjà fragilisée, accentue cette vulnérabilité et limite la capacité du journalisme à remplir sa fonction démocratique.
Cette érosion dépasse largement le champ médiatique. Lorsque l’information fiable recule, la participation citoyenne s’appauvrit et la confiance dans les institutions se délite. La liberté d’expression apparaît alors comme un indicateur central de la qualité démocratique, et non comme un simple principe formel.
En rappelant que l’information constitue un bien public, l’UNESCO appelle à une réponse politique et collective. Le diagnostic est désormais clair. Reste à savoir si les États et les sociétés accepteront d’en tirer les conséquences, ou s’ils laisseront se poursuivre une dégradation aux effets durables.