Chaque 18 décembre, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la langue arabe, en mémoire de la décision adoptée en 1973 par l’Assemblée générale des Nations unies, faisant de l’arabe une langue officielle et de travail de l’Organisation, aux côtés d’autres grandes langues internationales.
Cette reconnaissance n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’efforts diplomatiques concertés, menés par plusieurs pays arabes, dont le Maroc, afin de faire valoir la dimension civilisationnelle, culturelle et historique de la langue arabe sur la scène mondiale. L’enjeu dépassait alors la seule reconnaissance linguistique : il s’agissait d’inscrire l’arabe comme un vecteur majeur du patrimoine intellectuel universel.
Quelques décennies plus tard, cette dynamique a connu une nouvelle étape. Le Maroc et l’Arabie saoudite, avec le soutien d’autres États arabes, ont soumis à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) une proposition visant à instituer une journée internationale spécifiquement consacrée à la langue arabe. Cette initiative a été officiellement adoptée en 2012, consacrant le 18 décembre comme date symbolique.
Depuis, l’UNESCO commémore chaque année cette journée par un événement officiel à son siège à Paris, réunissant universitaires, penseurs, artistes et responsables culturels. Ces célébrations prennent la forme de rencontres intellectuelles, de colloques, de débats et de manifestations artistiques, consacrés aux enjeux contemporains de la langue arabe, à ses perspectives d’évolution et à son rôle dans le dialogue interculturel et la diversité linguistique.
Au-delà de l’hommage symbolique, la Journée mondiale de la langue arabe poursuit un objectif fondamental : sensibiliser à l’histoire et à la richesse de cette langue, à son apport décisif aux sciences, aux lettres et aux arts, mais aussi attirer l’attention sur les défis majeurs auxquels elle est confrontée. Ces défis concernent notamment l’enseignement, les médias, la traduction, ainsi que son adaptation aux mutations liées au numérique et à la mondialisation des savoirs.
Dans un monde marqué par l’uniformisation linguistique, cette journée rappelle que la langue arabe demeure l’un des piliers du patrimoine culturel de l’humanité, porteuse d’une mémoire, d’une pensée et d’une créativité qui continuent de nourrir le présent et d’interroger l’avenir.