Le navire de croisière MV Hondius, frappé par une épidémie de hantavirus ayant déjà causé au moins trois décès liés ou potentiellement liés au virus, doit arriver dans les prochains jours à Tenerife, aux îles Canaries, où les autorités espagnoles préparent une vaste opération d’évacuation sanitaire et de quarantaine.
L’arrivée du bateau néerlandais dans l’archipel atlantique, prévue dans un délai de trois jours selon le gouvernement espagnol, suscite de fortes inquiétudes internationales, d’autant que plusieurs passagers contaminés ont déjà été transférés vers différents pays européens.
La ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a confirmé mercredi que le navire accostera au port de Granadilla, à Tenerife, malgré les réserves exprimées par les autorités régionales canariennes.
À bord du MV Hondius, ce qui devait être une croisière d’exploration exceptionnelle s’est progressivement transformé en crise sanitaire. Le vidéaste turc Ruhi Cenet, passager du navire, a raconté à l’AFP que la situation avait basculé après l’annonce, le 12 avril, du décès d’un passager.
« Ils n’ont pas pris le problème suffisamment au sérieux », a-t-il déclaré, évoquant la confusion et l’inquiétude grandissantes parmi les voyageurs.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà coordonné l’évacuation de trois personnes depuis le bateau : deux membres d’équipage malades et une personne considérée comme cas contact. Parallèlement, plusieurs passagers ont été rapatriés vers les Pays-Bas, l’Allemagne ou encore la Suisse.
Un patient hospitalisé à Zurich a été testé positif à la souche « Andes », la seule variante connue du hantavirus pouvant se transmettre d’une personne à l’autre. Cette découverte a renforcé les préoccupations des autorités sanitaires internationales.
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, le risque pour la population mondiale demeure toutefois « faible » et la situation n’est « pas comparable » aux débuts de la pandémie de Covid-19.
Les spécialistes de l’OMS estiment que le premier cas détecté à bord n’a pas été contracté durant la croisière elle-même. La période d’incubation du hantavirus — comprise entre une et six semaines — suggère une contamination antérieure à l’embarquement du navire à Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril.
Les autorités argentines ont d’ailleurs annoncé l’envoi d’experts sanitaires dans la région de la Terre de Feu afin de rechercher une éventuelle présence du virus parmi les populations locales de rongeurs, principaux vecteurs de la maladie.
Le hantavirus se transmet généralement par contact avec l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs infectés. Mais la souche Andes, identifiée chez plusieurs patients liés au navire, présente une caractéristique particulièrement préoccupante : elle peut également se transmettre entre humains.
Cette possibilité inquiète notamment les autorités sud-africaines après qu’une passagère néerlandaise, décédée par la suite, a voyagé avec des symptômes à bord d’un vol commercial reliant l’île de Sainte-Hélène à Johannesburg. Les autorités sanitaires tentent désormais d’identifier les passagers et membres d’équipage présents sur ce vol.
Le navire transportait 88 passagers et 59 membres d’équipage de 23 nationalités différentes.
À son arrivée aux Canaries, les passagers étrangers seront progressivement rapatriés vers leurs pays d’origine, tandis que les ressortissants espagnols seront transférés à Madrid afin d’y effectuer une quarantaine sous surveillance médicale.