À l’heure où les fractures identitaires, les crispations religieuses et les replis culturels traversent de nombreuses sociétés dans le monde, le Maroc continue d’incarner un modèle singulier de coexistence et de dialogue des civilisations. C’est le message fort porté samedi à Rabat par André Azoulay lors d’une conférence organisée dans le cadre de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre 2026.
Intervenant autour du thème « Le Maroc et le génie du vivre-ensemble », le Conseiller de Sa Majesté le Roi a estimé que le Royaume demeure aujourd’hui « un réservoir inépuisable et résilient d’idées nouvelles pour réinventer nos sociétés », dans un contexte international marqué par « le dépérissement des valeurs humaines », la fragmentation et la multiplication des crises.
Pour André Azoulay, le Maroc occupe désormais une place à part dans le paysage mondial grâce à sa capacité historique à faire vivre la diversité culturelle, linguistique et religieuse dans un cadre national stable et cohérent. Il a décrit le modèle marocain de coexistence comme un modèle « idéal et vivant », porté quotidiennement par les citoyens eux-mêmes, garants d’un héritage civilisationnel pluriel.
Le Conseiller royal a également longuement évoqué le concept de « Tamaghrabit », présenté comme l’expression profonde de l’identité marocaine dans toute sa richesse historique et civilisationnelle. Selon lui, cette notion dépasse les appartenances ethniques, linguistiques ou confessionnelles pour incarner une mémoire collective façonnée au fil des siècles par les influences amazighe, arabe, africaine, andalouse, hébraïque et méditerranéenne.
« Le monde recule, mais le Maroc avance », a affirmé André Azoulay, estimant que le Royaume apparaît aujourd’hui comme « la boussole que le monde a perdue » face aux dérives identitaires et aux tensions géopolitiques contemporaines.
La conférence s’est tenue dans un contexte particulier, puisque cette édition du SIEL s’inscrit dans le programme de Rabat désignée Capitale mondiale du livre 2026 par l’UNESCO, une reconnaissance qui consacre le rôle croissant de la capitale marocaine comme carrefour culturel et éditorial africain et méditerranéen.
Lors de cette rencontre, l’ambassadeur du Vatican au Maroc, Mgr Alfred Xuereb, a salué le rôle du Royaume comme modèle de coexistence religieuse sous la conduite d’Mohammed VI en sa qualité d’Amir Al Mouminine. Le diplomate a notamment souligné que les relations entre le Maroc et le Saint-Siège, dont le cinquantième anniversaire diplomatique est célébré cette année, reposent sur plusieurs siècles de dialogue et de respect mutuel.
De son côté, le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Ouléma, Ahmed Abbadi, a insisté sur la dimension de « sagesse » qui structure historiquement le modèle marocain du vivre-ensemble, rappelant le rôle central de l’institution d’Imarat Al Mouminine dans la gestion de la diversité religieuse et culturelle du Royaume.
Le SIEL 2026, qui se déroule du 1er au 10 mai à Rabat, rassemble cette année plus de 750 exposants venus d’une cinquantaine de pays et accorde une place importante aux débats sur les mutations culturelles, l’intelligence artificielle, les enjeux identitaires et l’avenir du livre dans un monde traversé par les bouleversements technologiques.