>

Hantavirus : l’OMS appelle à des quarantaines strictes et à une surveillance renforcée

12 mai 2026 - 07:27

L’Organisation mondiale de la santé a publié de nouvelles recommandations sanitaires afin de contenir le foyer international de hantavirus détecté à bord du navire MV Hondius, alors que plusieurs pays européens enregistrent désormais des cas confirmés.

Face à l’absence de vaccin ou de traitement spécifique contre cette maladie, l’OMS privilégie une stratégie fondée sur la quarantaine préventive, la surveillance médicale rapprochée et l’identification rapide des symptômes.

L’organisation recommande notamment que les passagers et membres d’équipage considérés comme contacts à risque observent une quarantaine de 42 jours, à domicile ou dans des structures spécialisées.

La responsable de la préparation aux épidémies à l’OMS, Maria Van Kerkhove, explique que cette durée correspond au temps d’incubation potentiellement long du virus Andes, seule souche connue pouvant se transmettre d’une personne à une autre.

Les autorités sanitaires demandent également aux personnes concernées de surveiller attentivement l’apparition de symptômes précoces tels que fièvre, frissons, douleurs musculaires, maux de tête, troubles digestifs ou difficultés respiratoires.

L’OMS insiste par ailleurs sur la nécessité d’une coordination internationale renforcée, alors que le foyer concerne des voyageurs répartis entre plusieurs continents.

Les contacts considérés comme « à haut risque » incluent notamment les compagnons de cabine, les partenaires proches, les personnels médicaux exposés sans protection adéquate ainsi que toute personne ayant manipulé des fluides corporels ou des matériaux contaminés.

L’organisation appelle aussi les établissements de santé à réagir immédiatement en cas de suspicion clinique.

Les patients présentant une détresse respiratoire doivent être transférés sans délai vers des services d’urgence ou de soins intensifs spécialisés.

Le hantavirus demeure une maladie rare mais potentiellement mortelle. Il se transmet principalement par les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. Toutefois, la souche Andes identifiée dans plusieurs cas liés au MV Hondius possède également une capacité de transmission interhumaine.

L’OMS souligne enfin l’importance d’une communication transparente afin d’éviter la désinformation et les réactions de panique.

Tous les pays n’appliquent cependant pas les mêmes protocoles.

Alors que les États-Unis privilégient une approche basée sur l’évaluation clinique individualisée sans quarantaine systématique, des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse ou la Grèce ont choisi d’imposer des isolements préventifs pouvant aller jusqu’à 45 jours.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti qu’un assouplissement prématuré des mesures « pourrait présenter des risques ».

Au-delà du seul épisode sanitaire, l’affaire du MV Hondius rappelle une nouvelle fois combien les croisières internationales demeurent des espaces particulièrement sensibles à la propagation rapide des maladies infectieuses dans un monde marqué par l’hypermobilité.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *