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L’OCDE revoit à la baisse la croissance mondiale en raison de la guerre au Moyen-Orient

03 juin 2026 - 11:38

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour 2026. En cause : les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui alimentent la hausse des prix de l’énergie, fragilisent les chaînes d’approvisionnement et entretiennent les tensions inflationnistes.

L’économie mondiale pourrait connaître un ralentissement plus marqué que prévu. Dans ses dernières Perspectives économiques, publiées mercredi, l’OCDE avertit que la guerre au Moyen-Orient pèse déjà sur l’activité mondiale et risque d’avoir des effets durables sur la croissance et les prix.

L’organisation basée à Paris a revu à la baisse les prévisions qu’elle avait publiées en mars et présente deux scénarios selon l’évolution du conflit et son impact sur les marchés énergétiques mondiaux.

Dans son scénario central, la croissance mondiale passerait de 3,4 % en 2025 à 2,8 % en 2026. Dans une hypothèse plus pessimiste, marquée par une prolongation des perturbations jusqu’en 2027, elle pourrait tomber à 2,1 %, exposant certaines économies à un risque de récession.

L’OCDE attribue cette dégradation à la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran ainsi qu’aux perturbations affectant le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial des hydrocarbures.

« Le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient est réel et grave. Il entraîne une hausse des coûts et de l’incertitude pour les ménages et les entreprises du monde entier », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann.

Selon l’organisation, les conséquences économiques du conflit pourraient perdurer bien après la fin des hostilités en raison des besoins de reconstruction des infrastructures, de la réorganisation des flux commerciaux et des tensions persistantes sur les marchés énergétiques.

Les économies asiatiques figurent parmi les plus vulnérables en raison de leur forte dépendance aux importations énergétiques provenant du Golfe. Toutefois, l’OCDE souligne que les répercussions seront mondiales en raison de l’interconnexion des chaînes d’approvisionnement et des marchés internationaux.

Pour 2026, la croissance américaine est attendue à 2 %, contre 4,5 % pour la Chine. L’Inde devrait rester la grande économie la plus dynamique avec une expansion estimée à 6,3 %.

Dans la zone euro, la croissance serait limitée à 0,8 %, l’Espagne se distinguant avec une progression de 2,2 %, nettement supérieure à celles de l’Allemagne et de la France, toutes deux estimées à 0,7 %.

En Amérique latine, l’OCDE a légèrement relevé sa prévision pour le Brésil à 1,6 %, maintenu celle de l’Argentine à 2,8 % et abaissé celle du Mexique à 1,3 %.

L’inflation dans les économies du G20 devrait remonter à 4 % en 2026 avant de ralentir progressivement en 2027 à mesure que les marchés de l’énergie et de l’alimentation retrouveront davantage de stabilité.

Face à ces incertitudes, l’organisation appelle les gouvernements à accélérer la diversification énergétique, à réduire leur dépendance aux importations d’hydrocarbures et à renforcer les investissements dans les énergies alternatives. Elle recommande également aux banques centrales de rester vigilantes afin d’éviter une propagation durable des tensions inflationnistes.

Le rapport souligne enfin que des secteurs stratégiques fortement consommateurs d’énergie, notamment l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, pourraient être affectés si les difficultés d’approvisionnement devaient se prolonger.

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