Le Front Polisario a annoncé dimanche soir la mort de l’un de ses principaux responsables militaires, Lahbib Mohamed Abdelaziz, membre du Secrétariat national du mouvement et commandant du Premier secteur militaire. Deux de ses accompagnateurs ont également trouvé la mort dans des circonstances qui demeurent, pour l’heure, officiellement non précisées.
Dans un communiqué publié par sa présidence, le Polisario a indiqué que le responsable sahraoui était tombé « sur le champ d’honneur », sans fournir davantage de détails sur les circonstances de l’incident ni sur le lieu exact où il s’est produit. Le mouvement a décrété trois jours de deuil national à compter de dimanche soir.
Selon plusieurs sources proches du Front, largement relayées sur les réseaux de communication affiliés au mouvement, le véhicule transportant Lahbib Mohamed Abdelaziz aurait été visé par une frappe de drone dans une zone située à l’est du mur de défense marocain. Cette version n’a toutefois pas été officiellement confirmée par la direction du Polisario, qui s’est abstenue de préciser la nature de l’opération ou l’identité de ses auteurs présumés.
Né en 1989 dans les camps de Tindouf, Lahbib Mohamed Abdelaziz appartenait à la nouvelle génération de cadres du Front Polisario. Fils de Mohamed Abdelaziz, secrétaire général historique du mouvement décédé en 2016 après avoir dirigé le Polisario pendant près de quatre décennies, il avait suivi des études universitaires en relations internationales en Algérie avant de rejoindre les structures politiques et militaires du Front.
Au fil des années, il s’était imposé comme l’une des figures les plus en vue parmi les jeunes dirigeants sahraouis. Son ascension au sein de l’appareil du mouvement l’avait conduit à intégrer le Secrétariat national et à prendre la tête du Premier secteur militaire, une responsabilité qui lui conférait un rôle important dans les questions opérationnelles et sécuritaires.
Sa disparition intervient dans un contexte marqué par la persistance des tensions autour du Sahara et par la multiplication des informations faisant état d’opérations ciblées dans les zones situées à l’est du dispositif défensif marocain. Depuis la reprise des hostilités annoncée par le Polisario en novembre 2020 à la suite des événements de Guerguerat, plusieurs responsables ou combattants du mouvement ont été signalés comme ayant péri dans des circonstances similaires, souvent attribuées à des frappes de drones, sans que ces informations ne fassent systématiquement l’objet de confirmations indépendantes.
Au-delà de son impact militaire, la mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz pourrait également avoir des répercussions politiques au sein du Front Polisario. Plusieurs observateurs le considéraient comme l’une des personnalités appelées à jouer un rôle croissant dans les futures recompositions de la direction du mouvement, dans un contexte où la question du renouvellement générationnel demeure un enjeu central pour les dirigeants sahraouis.
Le décès de ce jeune responsable constitue ainsi une perte notable pour le Polisario, tant sur le plan militaire que politique, alors que le conflit du Sahara continue d’évoluer dans un environnement régional marqué par de profondes mutations géopolitiques.