Washington/Pékin. Les tensions technologiques entre les États-Unis et la Chine connaissent un nouvel épisode. Le Pentagone a inscrit plusieurs géants chinois, dont Alibaba, Baidu, BYD et NIO, sur sa liste des entreprises considérées comme contribuant aux capacités militaires de Pékin, une décision vivement contestée par les autorités chinoises.
La mise à jour de la liste dite « 1260H » vise les sociétés que Washington estime impliquées dans la stratégie chinoise de « fusion militaro-civile », par laquelle les innovations développées dans le secteur privé pourraient bénéficier à l’Armée populaire de libération.
Parmi les groupes visés figurent plusieurs fleurons de l’économie chinoise : Alibaba dans le commerce électronique, Baidu dans l’intelligence artificielle et la recherche en ligne, BYD dans les véhicules électriques, mais également Tencent, des fabricants de semi-conducteurs, des entreprises de robotique et des acteurs majeurs des batteries et de l’énergie solaire.
Une pression croissante sur les groupes chinois
L’inscription sur cette liste n’entraîne pas automatiquement de sanctions financières. En revanche, elle interdit au Département américain de la Défense de conclure des contrats directs avec ces entreprises et ouvre la voie à des restrictions supplémentaires dans les années à venir.
Le nombre d’entreprises concernées atteint désormais 188 entités, contre environ 130 l’an dernier, illustrant le durcissement de la politique américaine à l’égard des groupes technologiques chinois.
Pékin contre-attaque
La Chine a rapidement dénoncé une décision motivée, selon elle, par des considérations politiques.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a accusé Washington de « généraliser abusivement le concept de sécurité nationale » et de « réprimer sans justification les entreprises chinoises ».
Alibaba a qualifié son inscription d’« erreur manifeste », tandis que Baidu a rejeté des accusations « totalement infondées » et annoncé son intention de contester cette décision.
Une rivalité qui dépasse le commerce
Cette initiative intervient moins d’un mois après la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin, organisée pour préserver la fragile détente commerciale entre les deux puissances.
Pour de nombreux observateurs, cette décision illustre une évolution profonde de la stratégie américaine : la concurrence avec la Chine se joue désormais autant dans les domaines de l’intelligence artificielle, des batteries, des véhicules électriques, des semi-conducteurs et de la robotique que sur le terrain commercial traditionnel.