La Havane – Confrontée à une crise économique profonde marquée par les pénuries, les coupures d’électricité et la chute de la production, Cuba a approuvé jeudi un vaste programme de réformes destiné à élargir le rôle du secteur privé et à attirer davantage d’investissements.
Adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, le paquet de 176 mesures constitue la transformation économique la plus ambitieuse engagée par l’île depuis les premières années de la révolution menée par Fidel Castro.
Les nouvelles dispositions autorisent notamment la création d’entreprises privées sans limitation de taille, permettent à une même personne de détenir plusieurs sociétés et ouvrent davantage l’économie aux capitaux étrangers.
Le gouvernement prévoit également de transformer les entreprises publiques en sociétés commerciales, de renforcer leur autonomie de gestion et d’assouplir les mécanismes de fixation des salaires.
Plusieurs secteurs stratégiques, dont l’agriculture, le tourisme, l’énergie, le système bancaire et le marché des changes, seront désormais accessibles aux investissements privés nationaux et étrangers.
Parmi les mesures les plus marquantes figure aussi l’autorisation pour les particuliers et les entreprises privées de détenir des comptes en devises. Les transferts d’argent envoyés par les Cubains de l’étranger ne passeront plus exclusivement par les circuits contrôlés par l’État.
Le secteur immobilier est également concerné. Les Cubains vivant sur l’île ou à l’étranger pourront acquérir certains biens immobiliers appartenant à l’État, sous réserve d’autorisations spécifiques.
Pour les autorités, ces réformes visent à moderniser l’économie tout en préservant le cadre politique du pays. Le président Miguel Díaz-Canel a insisté sur le fait que ces changements s’inscrivent « dans la défense du socialisme » et ne remettent pas en cause le système politique dirigé par le Parti communiste.
Cette ouverture intervient alors que l’économie cubaine traverse une période particulièrement difficile, aggravée par les sanctions américaines, les pénuries d’énergie et la faiblesse chronique des investissements.
Si aucun calendrier détaillé n’a encore été publié, de nombreux observateurs considèrent que ces décisions pourraient redéfinir durablement l’équilibre entre secteur public et initiative privée dans l’économie cubaine.