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Carburants au Maroc : les capacités de stockage se stabilisent tandis que les marges sur l’essence restent élevées

19 juin 2026 - 11:51

Rabat – Le secteur marocain des carburants a connu en 2025 une légère progression de ses capacités de stockage et une ouverture accrue à la concurrence, mais les marges commerciales réalisées sur l’essence demeurent à des niveaux relativement élevés, selon un nouveau rapport du Conseil de la concurrence.

L’institution indique que la capacité nationale totale de stockage du gasoil et de l’essence a atteint environ 1,57 million de tonnes à la fin de l’année 2025, contre 1,56 million de tonnes un an auparavant, soit une hausse limitée de 0,5 %.

Les neuf principales sociétés concernées par les accords transactionnels conclus avec le Conseil de la concurrence concentrent à elles seules près de 1,27 million de tonnes de capacité de stockage, représentant environ 81 % du total national. Ce volume est resté pratiquement inchangé par rapport à 2024, illustrant une stabilisation des infrastructures du secteur.

Parallèlement, le marché poursuit son ouverture avec l’arrivée de nouveaux acteurs. Le nombre d’opérateurs autorisés à exercer l’activité de distribution de produits pétroliers liquides est passé de 35 à 39 entre fin 2024 et fin 2025, traduisant l’entrée de quatre nouveaux distributeurs sur le marché national.

Des marges plus élevées sur l’essence que sur le gasoil

Le rapport met également en lumière l’évolution des marges commerciales brutes réalisées par les principaux distributeurs.

Au cours du quatrième trimestre 2025, les neuf opérateurs dominants ont enregistré une marge commerciale brute moyenne pondérée de 1,23 dirham par litre pour le gasoil et de 1,85 dirham par litre pour l’essence.

Les marges sur le gasoil ont globalement suivi une tendance baissière durant la période observée. Après avoir atteint 1,29 dirham par litre début octobre, elles ont progressivement reculé pour terminer le trimestre à 0,87 dirham par litre.

Les marges sur l’essence sont restées structurellement plus élevées. L’écart moyen avec le gasoil s’est établi à environ 0,62 dirham par litre sur l’ensemble du trimestre. Elles sont passées de 1,99 dirham par litre au début du mois d’octobre à 1,58 dirham à la fin décembre, leur niveau le plus bas de la période.

Une rentabilité à nuancer

Le Conseil de la concurrence souligne toutefois que ces marges brutes ne reflètent pas à elles seules la rentabilité réelle des entreprises. Elles correspondent uniquement à la différence entre le prix d’achat et le prix de vente du carburant.

Pour mesurer avec précision les bénéfices réalisés par les distributeurs, il convient également d’intégrer l’ensemble des charges d’exploitation, notamment les coûts logistiques, les salaires, les dépenses opérationnelles, les amortissements et les frais financiers.

L’institution rappelle ainsi que le calcul des marges nettes ne peut être établi qu’après la clôture des exercices comptables et l’analyse détaillée des données financières des entreprises concernées.

Cette nouvelle photographie du marché confirme que le secteur des carburants reste fortement concentré autour d’un nombre limité d’acteurs, malgré l’arrivée progressive de nouveaux opérateurs et les efforts de suivi engagés par le Conseil de la concurrence depuis plusieurs années.

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