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L’Islande relance la chasse à la baleine malgré les critiques écologistes

21 juin 2026 - 11:51

Après deux années d’interruption, l’Islande a autorisé la reprise de la chasse commerciale à la baleine. Une décision qui suscite une vive opposition des organisations environnementales, alors que le rôle écologique des grands cétacés dans les océans est aujourd’hui largement reconnu.

Les baleiniers islandais ont repris la mer ce week-end après deux années de suspension de la chasse commerciale aux cétacés. Le départ des navires depuis Reykjavik relance un débat qui dépasse désormais la seule question économique pour toucher aux enjeux de biodiversité et de protection des océans.

L’entreprise Hvalur, principal opérateur du secteur, a envoyé ses deux navires vers les zones de chasse après des essais de harpons. Un militant écologiste a tenté de retarder le départ de l’un des bateaux avant d’être évacué par la police.

Avec la Norvège et le Japon, l’Islande fait partie des trois derniers pays autorisant encore la chasse commerciale à la baleine, malgré le moratoire international adopté en 1986 par la Commission baleinière internationale.

Une activité économique en déclin

Les campagnes de chasse n’avaient pas eu lieu en 2024 et 2025 en raison d’une rentabilité insuffisante. La consommation locale de viande de baleine continue de diminuer et les exportations vers le Japon restent limitées.

Cette année, les autorités scientifiques islandaises ont fixé un quota maximal de 150 rorquals communs, soit une baisse de près de 30 % par rapport aux années précédentes. Le quota de petits rorquals a également été réduit.

Pour les associations de défense des animaux, ces captures demeurent toutefois incompatibles avec la protection des populations de cétacés.

Des alliées du climat

Les scientifiques soulignent aujourd’hui le rôle essentiel des baleines dans les écosystèmes marins. Les grands cétacés contribuent au stockage du carbone et participent à la fertilisation des océans grâce au recyclage des nutriments.

La préservation des baleines est désormais considérée comme un élément important des politiques de lutte contre le changement climatique et d’adaptation des océans.

« Les baleines subiront probablement une mort atroce pour une viande que presque personne ne souhaite consommer en Islande », a dénoncé Joanna Swabe, responsable de l’ONG Humane World for Animals.

Une pratique en sursis

Le gouvernement islandais devrait présenter à l’automne un projet de loi visant à interdire définitivement la chasse commerciale à la baleine.

Parallèlement, l’observation des cétacés est devenue une activité touristique majeure pour le pays, générant des revenus supérieurs à ceux de la chasse elle-même.

Pour les organisations environnementales, la reprise de cette saison pourrait ainsi constituer l’un des derniers épisodes d’une pratique de plus en plus contestée au niveau international.

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