Bogotá.– Les Colombiens votent ce dimanche lors d’un second tour présidentiel qui pourrait marquer une rupture majeure avec les quatre années de Gustavo Petro. Face au sénateur de gauche Iván Cepeda, héritier politique du président sortant, le candidat conservateur Abelardo de la Espriella apparaît comme le favori d’un scrutin dominé par les questions de sécurité, d’économie et de politique étrangère.
Avocat de 47 ans, entrepreneur prospère et partisan assumé d’un rapprochement avec Washington, De la Espriella a bâti sa campagne sur la lutte contre l’insécurité, le narcotrafic et l’affaiblissement de l’État. Son discours rencontre un écho croissant dans un pays confronté à la recrudescence des violences des groupes armés et au retour de nombreuses zones d’instabilité.
Le candidat conservateur, surnommé « El Tigre », promet une politique de fermeté face aux guérillas, une coopération renforcée avec les États-Unis et un recentrage de la Colombie sur ses partenaires traditionnels. Son positionnement proche de Donald Trump séduit une partie importante de l’électorat qui considère que les relations entre Bogotá et Washington se sont détériorées sous la présidence de Gustavo Petro.
À l’inverse, Iván Cepeda incarne la continuité du projet politique de la gauche arrivée au pouvoir en 2022. Architecte de la « paix totale », il défend une approche négociée avec les groupes armés et s’inscrit dans la ligne politique du président sortant.
Les enquêtes d’opinion donnent un léger avantage au candidat conservateur, porté par les préoccupations liées à la sécurité, à la criminalité et au ralentissement économique. Son discours d’autorité, sa défense de l’entreprise privée et sa promesse de réduire le poids de l’État séduisent particulièrement les classes moyennes et les milieux économiques.
Le scrutin de ce dimanche dépasse ainsi le simple choix entre deux candidats. Il oppose deux visions du pays : celle de la continuité du « pétrisme » et celle d’un retour à une ligne sécuritaire, libérale et atlantiste.
Sur le plan international, certaines prises de position du président Gustavo Petro sur la question du Sahara marocain ont également suscité des réserves au Maroc. Rabat a considéré plusieurs déclarations de la présidence colombienne comme favorables au Polisario, alors que la dynamique diplomatique internationale tend depuis plusieurs années à renforcer le soutien au plan d’autonomie marocain.