« Alucinados con Brahim ». Le titre publié ce dimanche par le quotidien sportif espagnol AS résume à lui seul l’évolution du regard espagnol sur Brahim Díaz et, au-delà, sur la sélection marocaine.
Après deux journées de Coupe du monde, le milieu offensif des Lions de l’Atlas compte déjà deux passes décisives, toutes deux offertes à Ismael Saibari. Une performance qui confirme son excellente dynamique après la Coupe d’Afrique et qui place désormais le joueur parmi les principaux artisans du début de tournoi du Maroc.
Le journal madrilène reconnaît explicitement ce que beaucoup considéraient déjà comme l’une des grandes victoires sportives de la Fédération royale marocaine de football : avoir convaincu Brahim Díaz de défendre les couleurs du Royaume.
« C’est pour cela qu’ils l’ont pris à l’Espagne : pour être décisif dans une Coupe du monde », écrit le quotidien espagnol.
Cette phrase revêt une portée particulière. Pendant plusieurs années, l’Espagne espérait voir le joueur formé à Malaga rejoindre définitivement la Roja. Mais la décision du joueur de représenter le Maroc apparaît aujourd’hui, aux yeux d’une partie de la presse espagnole, comme un choix pleinement justifié.
AS souligne également qu’aucun joueur marocain n’avait auparavant délivré deux passes décisives lors de ses deux premiers matches de Coupe du monde. Le journal rappelle également qu’après ses performances à la Coupe d’Afrique, Brahim confirme désormais son statut sur la plus grande scène du football mondial.
Le média espagnol insiste aussi sur la transformation du milieu de terrain marocain, évoquant l’émergence de jeunes talents comme Bouaddi et El Aynaoui. Dans ce nouveau dispositif, Brahim apparaît comme le joueur capable de faire la différence entre les lignes et d’apporter cette créativité qui manquait parfois aux Lions de l’Atlas.
« Le Maroc est enchanté par Brahim », écrit encore le journal, qui estime que le joueur « est fort, concentré et désireux de continuer sur cette voie ».
Au-delà des statistiques, le cas Brahim symbolise une évolution plus profonde. Pendant longtemps, les joueurs binationaux étaient souvent présentés comme des talents que les sélections européennes « perdaient ». Aujourd’hui, le Maroc apparaît au contraire comme une destination sportive attractive, capable d’offrir un projet ambitieux, compétitif et crédible.
L’enthousiasme de la presse espagnole témoigne ainsi d’une réalité nouvelle : le Maroc n’est plus une sélection surprise ni une équipe outsider. Les Lions de l’Atlas sont désormais perçus comme une puissance footballistique capable d’attirer, de convaincre et de faire briller des joueurs de très haut niveau sur la scène mondiale.
Le regard venu d’Espagne est peut-être le signe le plus révélateur de cette transformation.