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Schizophrénie : une étude internationale identifie plus de 600 nouveaux gènes liés à la maladie

26 juin 2026 - 10:41

Paris. Une vaste étude internationale pourrait marquer un tournant dans la compréhension de la schizophrénie. Des chercheurs américains et européens ont identifié 641 gènes jusqu’ici inconnus associés à cette maladie psychiatrique, ouvrant la voie à une meilleure compréhension de ses mécanismes biologiques et à de futurs traitements personnalisés.

Les travaux, publiés dans la revue scientifique Nature Genetics, ont mobilisé des chercheurs du Lieber Institute for Brain Development de l’Université Johns Hopkins, de l’Université de Bari en Italie et d’un réseau de plus de soixante hôpitaux psychiatriques à travers le monde.

L’étude s’appuie sur l’analyse des données génétiques de plus de 100 000 personnes ainsi que sur des centaines d’échantillons de tissus cérébraux.

Une maladie beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait

La schizophrénie possède une forte composante héréditaire, mais les scientifiques peinaient jusqu’à présent à identifier précisément les gènes impliqués.

Les approches traditionnelles se concentraient essentiellement sur les gènes situés à proximité immédiate des variations génétiques détectées. La nouvelle méthode développée par les chercheurs permet au contraire d’étudier les interactions à longue distance entre les gènes.

Les scientifiques comparent ce fonctionnement à un réseau social : des gènes éloignés dans le génome peuvent néanmoins communiquer et agir ensemble sur le développement et le fonctionnement du cerveau.

Cette approche a permis d’identifier 641 nouveaux gènes qui n’auraient pas été détectés avec les méthodes conventionnelles.

Le glutamate, l’immunité et le développement cérébral

Les résultats mettent en évidence plusieurs mécanismes biologiques impliqués dans la maladie.

Les chercheurs ont notamment identifié des anomalies liées :

-à la transmission du glutamate, un neurotransmetteur essentiel au fonctionnement cérébral ;

-à la communication entre les cellules nerveuses ;

-au système immunitaire ;

-au développement du cerveau.

Ces découvertes confirment que la schizophrénie résulte d’interactions biologiques complexes plutôt que de l’action d’un seul gène ou d’une seule anomalie.

Vers une psychiatrie de précision

Pour Daniel Weinberger, directeur du Lieber Institute, le risque de schizophrénie ne dépend pas de gènes agissant isolément, mais de réseaux génétiques qui fonctionnent ensemble.

Cette compréhension plus fine pourrait ouvrir la voie à une « psychiatrie de précision », dans laquelle les traitements seraient adaptés au profil biologique de chaque patient.

Les spécialistes rappellent toutefois que les facteurs environnementaux, le stress, les traumatismes ou les conditions sociales jouent également un rôle important dans l’apparition de la maladie. La génétique augmente le risque, mais ne détermine pas à elle seule le développement de la schizophrénie.

Aujourd’hui, près de 24 millions de personnes dans le monde vivent avec la schizophrénie, selon les estimations internationales. Cette nouvelle cartographie génétique pourrait permettre, à terme, de mieux diagnostiquer la maladie et de développer des traitements plus ciblés.

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