La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a estimé que le monde ne dispose plus du luxe d’attendre face aux défis croissants de la sécurité énergétique, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et la vulnérabilité des routes traditionnelles d’approvisionnement.
S’exprimant lors d’une conférence consacrée aux « corridors énergétiques reconfigurés », organisée dans le cadre de la 17ᵉ réunion annuelle des Nouveaux Champions du Forum économique mondial à Dalian, en Chine, la ministre a appelé à repenser en profondeur le modèle mondial de sécurité énergétique.
Selon elle, les crises internationales récentes ont mis en évidence les limites des corridors énergétiques traditionnels, essentiellement horizontaux, dont la dépendance aux routes maritimes et aux zones de tension expose les approvisionnements à de nombreux risques.
Leila Benali a ainsi plaidé pour l’émergence de nouveaux corridors énergétiques « verticaux », fondés sur l’intégration régionale et continentale, afin de renforcer la résilience des systèmes énergétiques et de réduire la vulnérabilité face aux perturbations géopolitiques.
La ministre a souligné que cette transformation passe notamment par des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques, le développement des interconnexions électriques et gazières ainsi que le renforcement de la coopération régionale.
Dans ce contexte, elle a rappelé que le Maroc demeure le seul pays africain relié à l’Europe à la fois par des interconnexions électriques et gazières, tout en poursuivant l’extension de ses réseaux afin de consolider sa sécurité énergétique.
Pour Leila Benali, la souveraineté énergétique au XXIᵉ siècle ne dépend plus uniquement des ressources nationales, mais également de la solidité et de l’équilibre des partenariats internationaux. Elle a souligné que le Royaume a su s’imposer comme un partenaire fiable sur les plans régional et international.
La ministre a également appelé à une vision de long terme fondée sur la stabilité politique et la prévisibilité, conditions indispensables au développement des investissements dans les énergies propres, les technologies de stockage et les nouvelles infrastructures.
Elle a enfin estimé que l’Afrique constitue désormais une partie essentielle des solutions aux défis mondiaux liés à l’énergie, au climat et aux chaînes d’approvisionnement, soulignant que le renforcement des partenariats avec les pays africains peut contribuer à bâtir une économie mondiale plus résiliente.
Selon la ministre, l’énergie ne doit plus être considérée comme une source potentielle de conflits, mais comme un levier de coopération, d’intégration régionale et de développement durable.