La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe l’Europe depuis le début de la semaine poursuit sa progression vers l’est du continent, plaçant les systèmes de santé sous tension et perturbant de nombreux secteurs d’activité.
Près de 150 millions de personnes sont confrontées à des températures supérieures à 35 °C, tandis que plusieurs pays enregistrent de nouveaux records pour un mois de juin.
L’Allemagne a relevé vendredi 41,3 °C à Sarrebruck, un niveau inédit dans son histoire météorologique. En Suisse, le thermomètre a atteint 38,8 °C à Bâle, tandis que le Royaume-Uni a enregistré 36,9 °C, établissant un nouveau record national pour un mois de juin.
La chaleur affecte également la production d’électricité. La centrale nucléaire suisse de Beznau a interrompu une partie de son activité afin de limiter le réchauffement des eaux utilisées pour refroidir ses réacteurs. En France, la production nucléaire a diminué de 8,7 % en raison des températures élevées.
Les établissements hospitaliers français et britanniques signalent une hausse importante des admissions liées aux coups de chaleur, aux hyperthermies et aux complications cardiovasculaires. Le NHS britannique indique fonctionner « à la limite de ses capacités ».
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime qu’il est possible que cet épisode figure parmi les plus importants jamais observés en Europe. De leur côté, les chercheurs de World Weather Attribution (WWA) considèrent que le changement climatique d’origine humaine a fortement amplifié cette vague de chaleur.
De nombreux événements ont été annulés ces derniers jours, notamment le semi-marathon de Hambourg, le festival Defqon aux Pays-Bas, la Marche des Fiertés et le festival Solidays à Paris, ainsi que la reconstitution de la bataille de Waterloo en Belgique.
Les conséquences environnementales deviennent également visibles. Dans le delta du Pô, en Italie, la hausse de la température de l’eau menace les élevages de coquillages, tandis qu’en Suisse les glaciologues observent une fonte accélérée des glaciers, avec près d’un mètre de glace perdu en une dizaine de jours sur le glacier du Rhône.
Les alertes restent en vigueur pour une grande partie de l’Europe centrale et orientale, où des températures dépassant 40 °C sont attendues au cours du week-end.