L’Espagne a achevé son vaste processus de régularisation exceptionnelle des étrangers en situation irrégulière avec un total de 1.174.978 demandes, soit plus du double des prévisions initiales du gouvernement. Parmi les candidats à la régularisation, les Marocains représentent 13,3 % des dossiers, ce qui en fait la deuxième nationalité la plus représentée, derrière les Colombiens.
La secrétaire d’État aux Migrations, Pilar Cancela, a indiqué que 609.737 dossiers avaient déjà été déclarés recevables et étaient en cours de traitement, tandis que plusieurs centaines de milliers de demandeurs bénéficient déjà d’une autorisation provisoire leur permettant de résider et de travailler légalement en Espagne durant l’examen de leur dossier.
Selon les statistiques du ministère espagnol de l’Inclusion, les Colombiens représentent 25,9 % des demandes, devant les Marocains (13,3 %), les Vénézuéliens (11,8 %) et les Péruviens (8,8 %). Les ressortissants latino-américains constituent près des deux tiers des candidats, tandis que 22,9 % proviennent d’Afrique.
Une régularisation d’une ampleur inédite
Lancé à la mi-avril, ce dispositif était initialement conçu pour bénéficier à environ 500.000 personnes. Le nombre final de demandes, supérieur à 1,17 million, en fait la plus importante opération de régularisation jamais organisée en Espagne, illustrant l’ampleur de la population étrangère vivant sans titre de séjour régulier dans le pays.
Pour être éligibles, les demandeurs devaient prouver une présence d’au moins cinq mois en Espagne avant le 1er janvier 2026 et ne pas avoir de casier judiciaire. Les autorités disposent désormais d’un délai maximal de trois mois pour statuer sur les dossiers.
Un enjeu économique et social
Le gouvernement de Pedro Sánchez défend cette mesure comme un moyen de lutter contre l’économie informelle tout en répondant aux besoins de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs de l’économie espagnole. Depuis le lancement du dispositif, plus de 159.000 nouveaux affiliés ont déjà été enregistrés à la Sécurité sociale, signe de l’impact immédiat de cette régularisation sur le marché du travail.
Les Marocains, historiquement l’une des principales communautés étrangères installées en Espagne, figurent ainsi parmi les principaux bénéficiaires de cette opération, qui pourrait redessiner durablement le paysage migratoire et économique du pays.