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Latifa Akharbach plaide pour une autorégulation responsable des médias face au désordre numérique

15 juillet 2026 - 10:40

La présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), Latifa Akharbach, a appelé à renforcer l’autorégulation professionnelle des médias et à promouvoir un usage éthique et maîtrisé de l’intelligence artificielle dans les rédactions, estimant que la lutte contre le désordre informationnel à l’ère numérique exige une responsabilité partagée de l’ensemble des acteurs de l’écosystème médiatique.

S’exprimant lors de la quatrième édition du Forum mondial des médias de Choucha, organisée du 13 au 15 juillet en Azerbaïdjan, Mme Akharbach est intervenue dans un panel consacré au thème : « Paix et vérité à l’ère des algorithmes : reconstruire la confiance dans les médias ».

Selon elle, les profondes mutations du paysage médiatique, marquées par la domination des plateformes numériques et des algorithmes, imposent une réflexion renouvelée sur les mécanismes de protection de l’espace public. Elle a souligné que le modèle économique de ces plateformes, fondé sur la captation de l’attention, l’exploitation des émotions et la recherche de viralité, favorise la prolifération de nouveaux modes de manipulation de l’information et alimente les tensions dans l’espace numérique.

Pour illustrer ces dérives, la présidente de la HACA a évoqué les campagnes de désinformation ayant accompagné la dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football. Selon elle, des contenus reposant sur des théories complotistes, des discours de haine et des techniques de deepfake ont cherché à attiser les tensions entre le Maroc et le Sénégal, malgré les liens historiques et stratégiques qui unissent les deux pays.

Face à ces défis, Latifa Akharbach a plaidé pour un engagement accru des médias en faveur de politiques éditoriales responsables, fondées sur la déontologie journalistique et l’autorégulation. Elle a également insisté sur la nécessité d’encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les salles de rédaction afin qu’elle demeure un outil au service d’une information fiable et non un vecteur de désinformation.

La responsable marocaine a, en outre, défendu le développement de l’éducation aux médias, au numérique et à l’intelligence artificielle, qu’elle considère comme un droit fondamental permettant aux citoyens d’exercer leur esprit critique face aux contenus circulant sur les réseaux sociaux.

Elle a également appelé à une responsabilisation accrue des grandes plateformes numériques internationales, estimant que leurs systèmes de recommandation contribuent souvent à amplifier les contenus trompeurs et les discours de haine, au détriment des utilisateurs, notamment dans les pays du Sud.

En conclusion, Latifa Akharbach a souligné que la construction d’un espace public numérique sûr et démocratique ne peut résulter de mesures imposées d’en haut, mais doit reposer sur la confiance, la responsabilité collective et le renforcement du rôle du journalisme professionnel, qu’elle considère comme un pilier essentiel de la cohésion sociale et de la paix civile.

Organisé depuis 2023 par l’Agence de développement des médias d’Azerbaïdjan, le Forum mondial des médias de Choucha s’est imposé comme l’un des principaux rendez-vous internationaux consacrés aux enjeux de l’information et de la communication. L’édition 2026 a réuni, sous la présidence du chef de l’État azerbaïdjanais Ilham Aliyev, des responsables gouvernementaux, des experts et des professionnels des médias venus de 54 pays.

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