Tokyo – Le Japon s’apprête à franchir une étape majeure dans sa politique de sécurité avec la création, d’ici la fin du mois de juillet, de sa première agence nationale centralisée de renseignement depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette réforme vise à renforcer le contre-espionnage et la sécurité économique face aux menaces jugées croissantes provenant notamment de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord.
La nouvelle Agence nationale du renseignement (National Intelligence Bureau) sera officiellement lancée le 31 juillet. Elle remplacera l’actuel Bureau du renseignement et de la recherche du Cabinet et comptera environ 700 agents. Elle assurera également le secrétariat du nouveau Conseil national du renseignement, présidé par la Première ministre Sanae Takaichi.
Une meilleure coordination du renseignement
Jusqu’à présent, les informations recueillies par les différents ministères et services japonais restaient largement dispersées.
La réforme vise à centraliser la collecte, l’analyse et le partage des renseignements afin de mieux lutter contre l’espionnage, les opérations d’influence étrangères, les cyberattaques et les menaces hybrides.
La sécurité économique au cœur de la réforme
Tokyo estime que les risques pesant sur les secteurs stratégiques se sont fortement accrus.
Le gouvernement souhaite mieux protéger les technologies sensibles, les semi-conducteurs, les chaînes d’approvisionnement, les infrastructures critiques et les industries de pointe contre les tentatives d’ingérence ou d’espionnage économique.
Un rapprochement avec les alliés occidentaux
Selon plusieurs médias, le Japon a sollicité les conseils des États-Unis, de l’Australie et de l’Allemagne pour mettre en place cette nouvelle architecture du renseignement.
Cette évolution marque une volonté de Tokyo de renforcer ses capacités autonomes en matière de renseignement tout en approfondissant sa coopération avec ses partenaires occidentaux face aux défis géopolitiques actuels.