La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a vivement critiqué l’adoption par le gouvernement du nouveau décret relatif à la révision des prix des médicaments, estimant que le texte approuvé ne tient pas compte des principales propositions formulées par la profession tout au long du processus de concertation.
Dans un communiqué, l’organisation affirme avoir été surprise par la validation du projet malgré sa participation aux discussions engagées dans le cadre de la réforme du système de tarification des médicaments. Selon elle, cette réforme devait poursuivre un triple objectif : réduire le coût des traitements, améliorer l’accès des citoyens aux soins et préserver l’équilibre financier des régimes d’assurance maladie.
La Confédération déplore également une méthode de travail qu’elle juge insuffisamment participative. Elle estime que les propositions des représentants des pharmaciens n’ont pas été retenues et regrette d’avoir été écartée des échanges sur un chantier qui concerne directement plus de 14 000 pharmaciens à travers le Royaume.
Selon l’organisation, les modifications introduites par le nouveau décret ne corrigent pas les dysfonctionnements hérités du texte adopté en 2013. Elles risqueraient même, avertit-elle, d’en reproduire les effets, voire de les accentuer.
Les pharmaciens mettent notamment en garde contre la poursuite des ruptures d’approvisionnement et le retrait du marché de certains médicaments à bas prix, une situation susceptible de compliquer davantage l’accès des patients aux traitements. Ils alertent également sur un affaiblissement de la souveraineté pharmaceutique nationale, lié au recul de la production locale au profit des importations.
La Confédération estime par ailleurs que les mécanismes prévus pour réduire le prix des médicaments les plus coûteux auront un impact limité sur le pouvoir d’achat des ménages, alors que certains laboratoires pharmaceutiques et organismes d’assurance pourraient en être les principaux bénéficiaires.
L’organisation exprime enfin ses inquiétudes quant à la viabilité économique des officines. Elle reproche au nouveau décret de ne pas intégrer les recommandations du Conseil de la concurrence visant à permettre aux pharmacies de développer de nouveaux services de santé, afin de réduire leur dépendance à la seule marge réalisée sur la vente des médicaments.
Tout en réaffirmant son soutien à une baisse des prix des traitements les plus onéreux, la Confédération plaide pour une approche équilibrée conciliant accessibilité des médicaments, pérennité du système de santé et stabilité économique des pharmacies, qu’elle considère comme un maillon essentiel de la sécurité pharmaceutique nationale.