La municipalité de Séville a accordé le permis de construire du Centre culturel islamique de Séville, un vaste projet comprenant une mosquée et des espaces culturels, malgré la vive opposition du parti d’extrême droite Vox, partenaire du Parti populaire (PP) au sein de la majorité municipale.
Cette décision intervient après que les services d’urbanisme ont conclu que le projet, en préparation depuis plus de vingt ans, est pleinement conforme à la législation et ne présente aucune irrégularité juridique. Le permis avait été temporairement suspendu afin d’examiner un recours déposé par Vox.
Conçu par l’architecte sévillan Guillermo Vázquez Consuegra, le complexe s’étendra sur 2 800 m². La salle de prière n’occupera qu’environ 400 m², le reste étant consacré à des salles d’enseignement, une bibliothèque, une cafétéria, un espace de restauration et des salles d’exposition, dans l’esprit des « Imaret », ensembles culturels et sociaux de tradition islamique.
Le projet, estimé à plus de 12 millions d’euros, est entièrement financé par des fonds privés. L’ancien international français et ex-joueur du Séville FC, Frédéric Oumar Kanouté, a notamment contribué à la campagne de financement.
Selon la Fondation Mezquita de Sevilla, porteuse du projet, la capitale andalouse compte environ 9 000 musulmans pratiquants, soit près de 1,3 % de sa population. La majorité des lieux de culte actuels sont installés dans des locaux ou des garages aménagés, sans disposer des infrastructures adaptées d’un véritable centre religieux et culturel.
Vox continue toutefois de s’opposer fermement au projet. Son porte-parole au conseil municipal, Gonzalo García de Polavieja, a affirmé que son parti « ne veut pas d’un centre d’islamisation à Séville » et a annoncé un nouveau recours administratif, estimant que l’usage religieux du bâtiment est incompatible avec le classement urbanistique du terrain.
Le maire de Séville, José Luis Sanz (PP), défend pour sa part une décision fondée exclusivement sur le droit. Refuser le permis en l’absence de motif légal aurait constitué, selon lui, une violation de la législation. « Je n’ai jamais commis de prévarication et je ne commencerai pas aujourd’hui », a-t-il déclaré, soulignant que la municipalité ne saurait faire prévaloir des considérations idéologiques sur les critères techniques et juridiques.
L’autorisation accordée au Centre culturel islamique marque un nouvel épisode de tension entre le PP et Vox à Séville. Le parti d’extrême droite évoque un « tournant » dans ses relations avec son partenaire municipal, laissant planer des incertitudes sur la stabilité de leur alliance politique.