La crise de gouvernance qui secoue la FIFA prend une nouvelle dimension. Après les critiques formulées par plusieurs confédérations continentales, des voix influentes issues de la propre organisation contestent désormais la gestion du président Gianni Infantino, à la suite de l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), destiné à ouvrir le capital d’une nouvelle entité à des investisseurs privés.
Parmi les personnalités ayant pris leurs distances figure Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA. L’ancien entraîneur d’Arsenal a salué la décision d’abandonner le projet, la jugeant « absolument nécessaire et incontestable », tout en précisant qu’il n’avait jamais été associé à son élaboration.
« Je crois fermement en une FIFA indépendante, au service du football, fondée sur l’engagement, la transparence et l’intégrité », a déclaré Wenger.
Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, a lui aussi exprimé son malaise dans un courrier interne adressé aux employés de l’organisation. Il y évoque une « triste et regrettable série d’événements » qui s’est finalement conclue par l’abandon définitif du projet.
« Les individus passent, mais l’institution, sa mission et sa responsabilité envers le football mondial demeurent », écrit-il, dans un message largement interprété comme un appel à préserver la crédibilité de la FIFA.
La semaine dernière, Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a également démissionné, estimant que le projet FFE était contraire aux intérêts à long terme du football mondial.
À l’extérieur de la FIFA, les critiques continuent de s’intensifier. L’UEFA envisage désormais des actions judiciaires contre l’instance mondiale et a demandé la conservation de tous les documents liés au projet. De son côté, la Concacaf réclame une révision complète de la gouvernance de la FIFA, estimant que la confiance envers sa direction est profondément ébranlée.
Le mécontentement touche également plusieurs grands clubs européens, qui dénoncent notamment les retards dans le versement des mécanismes de solidarité liés à la nouvelle Coupe du monde des clubs ainsi que les incertitudes entourant le calendrier international.
En dehors de l’Europe, le président de la Fédération jordanienne de football, le prince Ali ben Al Hussein, a accusé Gianni Infantino de « chantage » dans le cadre de la recherche de soutiens politiques, renforçant encore les tensions autour de la gouvernance de l’organisation.
Malgré ces critiques croissantes, Gianni Infantino demeure, à ce stade, l’unique candidat à l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027. Pour être reconduit, il devra obtenir le soutien d’au moins 106 des 211 fédérations membres, même si plusieurs fédérations européennes ont déjà annoncé le retrait de leur appui.