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Détroit d'Ormuz : l'Iran annonce un accord avec Oman, mais conditionne toute réouverture à un geste des États-Unis

06 août 2026 - 09:05

L’Iran a annoncé mercredi être parvenu à un accord technique avec le Sultanat d’Oman concernant une nouvelle route de navigation dans le détroit d’Ormuz, tout en précisant que la reprise normale du trafic maritime dépendra avant tout d’une désescalade avec les États-Unis. Cette déclaration intervient alors que cette voie stratégique, par laquelle transitait avant le conflit près de 20 % du commerce mondial des hydrocarbures, demeure au cœur des tensions régionales.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqai, a indiqué que les deux pays riverains s’étaient entendus sur les coordonnées géographiques d’un nouveau couloir maritime et travaillaient à l’élaboration d’une déclaration commune. Il a toutefois précisé que la concrétisation de cet accord restait conditionnée à l’absence d’interférences de « parties tierces », une allusion à Washington.

Depuis la reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis au début du mois de juillet, Téhéran a considérablement restreint la circulation dans le détroit, tandis que Washington a renforcé les mesures de rétorsion économiques et le contrôle maritime autour des ports iraniens. Les autorités iraniennes estiment que ces dispositifs continuent de compromettre la sécurité de la navigation dans la région.

L’administration américaine, de son côté, affirme poursuivre des efforts diplomatiques en faveur d’une réouverture rapide du détroit. Le président Donald Trump a déclaré qu’un accord pourrait intervenir « très prochainement », avertissant toutefois que l’Iran s’exposerait à de nouvelles frappes en cas d’échec des négociations. Téhéran dément cependant toute discussion directe avec Washington et insiste sur le fait que les échanges en cours concernent exclusivement Oman.

Le vice-président américain JD Vance a reconnu que les contacts indirects avec l’Iran demeuraient complexes et irréguliers, évoquant des divergences au sein même des cercles du pouvoir iranien entre partisans d’un compromis et responsables favorables à une ligne plus dure.

Au-delà des annonces diplomatiques, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile. L’agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu’un pétrolier naviguant dans le détroit d’Ormuz avait signalé avoir entendu plusieurs explosions à proximité de sa route, sans qu’aucun dommage n’ait été immédiatement confirmé.

Parallèlement, les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont revendiqué de nouvelles attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, affirmant poursuivre leur campagne contre les intérêts énergétiques de Riyad. Ces actions illustrent le risque d’un élargissement des tensions maritimes à plusieurs axes stratégiques du Moyen-Orient.

L’évolution du dossier d’Ormuz demeure suivie avec une extrême attention par les marchés internationaux. Toute perturbation durable du trafic dans ce passage maritime pourrait avoir des répercussions directes sur les exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ainsi que sur les coûts du transport maritime et l’équilibre énergétique mondial. Dans ce contexte, Oman continue de jouer un rôle de médiateur discret entre les différentes parties, alors que les perspectives d’une désescalade restent encore incertaines.

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