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Face à la contestation européenne, Gianni Infantino consolide son soutien africain

07 août 2026 - 08:44

Alors que la crise de gouvernance qui secoue la FIFA continue d’alimenter les tensions entre les grandes confédérations du football mondial, Gianni Infantino a obtenu un soutien politique de poids en Afrique. Réuni au Caire, le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a réaffirmé à l’unanimité sa confiance envers le président de la FIFA, confortant ainsi sa position face aux critiques persistantes de l’UEFA.

Cette prise de position intervient quelques jours après l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui prévoyait l’ouverture d’une partie des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Ce projet, vivement contesté en Europe, est à l’origine de la plus importante crise institutionnelle traversée par l’organisation depuis l’arrivée d’Infantino à sa présidence en 2016.

L’Afrique, un partenaire stratégique de la FIFA

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a salué « l’engagement constant » de Gianni Infantino en faveur du développement du football africain, rappelant que le continent bénéficie depuis plusieurs années d’investissements significatifs à travers les programmes de financement de la FIFA.

Avec 54 fédérations membres, la CAF représente le deuxième plus important bloc électoral de la FIFA après l’UEFA (55 associations). Dans la perspective de l’élection présidentielle prévue en 2027, ce soutien revêt une importance stratégique pour Infantino, qui devra réunir la majorité des voix des 211 fédérations nationales affiliées à la FIFA.

Le président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa, figure également parmi les dirigeants qui continuent d’appuyer la gouvernance actuelle de la FIFA, illustrant le poids croissant du continent africain dans les équilibres politiques du football mondial.

Une opposition européenne toujours déterminée

À l’inverse, l’UEFA maintient une ligne particulièrement critique. Son président, Aleksander Čeferin, considère que la confiance entre la confédération européenne et la FIFA a été profondément entamée par la gestion du projet FFE.

L’organisation européenne continue d’exiger des garanties sur les procédures de gouvernance et n’exclut toujours pas des mesures de rétorsion, allant jusqu’à évoquer un possible boycott de certaines compétitions organisées par la FIFA si les réformes attendues n’étaient pas engagées.

Un équilibre mondial plus fragmenté

Au-delà de l’affrontement entre la FIFA et l’UEFA, la crise révèle des positions plus nuancées au sein des autres confédérations.

La Conmebol, tout en exprimant ses préoccupations concernant les décisions unilatérales de la FIFA, continue de privilégier la stabilité institutionnelle et ne remet pas en cause le mandat d’Infantino. De son côté, la Confédération asiatique (AFC) appelle à une réforme des mécanismes de consultation et de gouvernance sans pour autant rompre avec la direction actuelle.

Une bataille qui dépasse le football

L’épisode met en lumière une réalité de plus en plus évidente : la gouvernance du football mondial est devenue un véritable enjeu géopolitique. Face à une Europe qui réclame davantage de transparence et de collégialité, l’Afrique apparaît aujourd’hui comme le principal pilier politique de Gianni Infantino, tandis que les autres confédérations cherchent un équilibre entre exigences de réforme et préservation de la stabilité institutionnelle.

À quelques mois de la campagne pour l’élection présidentielle de la FIFA, la bataille ne se joue plus uniquement sur le terrain sportif, mais également dans la capacité de chaque confédération à peser sur l’avenir de la gouvernance du football mondial.

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