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Sahara marocain : la Colombie reconnaît officiellement la souveraineté du Royaume

08 août 2026 - 09:32
Le vice-président colombien José Manuel Restrepo, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue colombien, Omar Bula Escobar, lors de l’annonce officielle de la reconnaissance par la Colombie de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. © Cancillería de Colombia

Bogotá a officiellement reconnu la souveraineté du Maroc sur son Sahara, opérant un changement majeur de politique étrangère dès l’entrée en fonction du président Abelardo de la Espriella. Annoncée directement par la chancellerie colombienne, cette décision constitue une avancée diplomatique importante pour le Royaume et ouvre la voie à un partenariat renforcé entre les deux pays.

L’annonce est intervenue à l’issue de la première rencontre entre le nouveau vice-président colombien, José Manuel Restrepo, le ministre des Affaires étrangères, Omar Bula Escobar, et leur homologue marocain, Nasser Bourita, présent à Cali à l’occasion de l’investiture du président Abelardo de la Espriella.

Dans un message publié sur son compte officiel X, la chancellerie colombienne a employé une formulation sans ambiguïté : « La Colombie a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. »

Selon la diplomatie colombienne, Bogotá entend ainsi revitaliser ses relations avec Rabat autour d’une vision à long terme, avec la conviction que ce rapprochement servira les intérêts de la population colombienne.

La portée de cette formulation est particulièrement importante pour le Royaume. La Colombie ne se limite pas à soutenir l’initiative marocaine d’autonomie ou à la qualifier de sérieuse et crédible : elle reconnaît directement la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

Un changement de cap sans ambiguïté

La décision constitue une rupture complète avec la politique suivie depuis 2022 par le gouvernement de Gustavo Petro.

Peu après son arrivée au pouvoir, l’ancien président avait rétabli les relations diplomatiques avec la RASD autoproclamée, gelées depuis 2001. Ce choix avait entraîné un refroidissement des relations avec Rabat et suscité des divergences au sein même de la classe politique colombienne.

Le nouveau gouvernement referme désormais cette parenthèse. Selon Nasser Bourita, la décision de Bogotá s’accompagne du retrait de la reconnaissance accordée à la RASD.

Le chef de la diplomatie marocaine a qualifié ce changement d’« historique », estimant qu’il permettra d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays. Une déclaration colombienne devrait encore préciser les modalités diplomatiques de ce retrait, mais la nouvelle orientation politique de Bogotá est d’ores et déjà clairement établie.

Un revers majeur pour le Polisario

La portée de cette évolution dépasse le cadre bilatéral. La Colombie compte parmi les États les plus influents d’Amérique latine et son repositionnement affaiblit la présence diplomatique du Polisario dans une région où celui-ci conserve plusieurs relais politiques.

Le changement décidé par Bogotá montre également que les positions adoptées en faveur de la RASD ne sont pas irréversibles. Elles peuvent être réexaminées lorsque les gouvernements privilégient une lecture plus pragmatique de leurs intérêts diplomatiques, économiques et stratégiques.

Pour le Maroc, cette décision conforte la dynamique diplomatique conduite sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Celle-ci associe la défense de l’intégrité territoriale du Royaume à la construction de partenariats fondés sur la coopération Sud-Sud et des intérêts mutuellement avantageux.

Le choix colombien intervient, par ailleurs, dans un contexte de soutien international croissant à l’initiative marocaine d’autonomie, considérée par un nombre grandissant de pays comme la base la plus sérieuse, réaliste et durable pour parvenir à une solution au différend régional.

De l’acquis diplomatique au partenariat économique

La reconnaissance colombienne devrait également donner une nouvelle impulsion à la coopération économique.

Le vice-président José Manuel Restrepo a évoqué la volonté de construire un « nouveau départ » dans les relations bilatérales. Parmi les pistes avancées figurent la négociation d’un accord de libre-échange, l’encouragement des investissements marocains et l’intensification des échanges commerciaux.

Grâce à ses infrastructures et à ses liens économiques avec l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, le Maroc peut constituer une plateforme de développement pour les entreprises colombiennes souhaitant se tourner vers ces marchés. La Colombie offre, de son côté, au Royaume un point d’ancrage important en Amérique du Sud et vers les économies de la façade pacifique.

L’agriculture, les engrais, les énergies renouvelables, les infrastructures, l’industrie et la sécurité alimentaire pourraient figurer parmi les domaines à explorer, sous réserve des accords qui seront effectivement négociés.

La décision de Bogotá illustre ainsi une diplomatie marocaine qui associe la défense de l’intégrité territoriale à l’établissement de coopérations concrètes et durables.

Pour le Royaume, il s’agit d’un succès politique majeur, d’un revers pour les adversaires de son intégrité territoriale et d’une occasion de consolider sa présence dans une région stratégique. La prochaine étape consistera à traduire cette reconnaissance dans les enceintes internationales et dans des projets bilatéraux capables de rapprocher durablement le Maroc et la Colombie.

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