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Nagasaki appelle à abolir les armes nucléaires, 81 ans après la catastrophe

09 août 2026 - 07:36

La ville japonaise a rendu hommage aux victimes de la bombe atomique larguée par les États-Unis le 9 août 1945. Son maire a dénoncé la fragilité de la dissuasion nucléaire, alors que le gouvernement japonais entretient l’incertitude sur l’avenir de ses trois principes non nucléaires.

Nagasaki a commémoré dimanche le 81e anniversaire du bombardement atomique qui dévasta la ville en 1945, en lançant un appel pressant à l’abolition totale des armes nucléaires dans un monde marqué par la modernisation des arsenaux et l’affaiblissement des mécanismes de désarmement.

À 11h02, heure précise à laquelle la bombe américaine explosa au-dessus de la ville, les participants à la cérémonie ont observé une minute de silence en hommage aux victimes.

Environ 74.000 personnes avaient péri avant la fin de l’année 1945 sous l’effet de l’explosion, des brûlures et des radiations. De nombreux survivants ont ensuite souffert pendant des décennies de maladies liées au bombardement.

Dans sa Déclaration de paix, le maire Shiro Suzuki a rejeté l’idée selon laquelle la possession de l’arme atomique pourrait durablement garantir la sécurité. « Les armes nucléaires ne sont pas un mal nécessaire, mais un mal absolu », a-t-il déclaré.

Le maire a qualifié la théorie de la dissuasion de dangereuse et fragile. Celle-ci suppose qu’un dirigeant disposant de l’arme nucléaire renoncera toujours à l’utiliser, y compris dans une situation extrême où il estimera que la survie de son pays est en jeu.

Plus les États s’appuient sur la dissuasion, a-t-il averti, plus ils augmentent le risque qu’une arme nucléaire soit un jour employée.

Dans sa Déclaration de paix officielle, la ville demande aux puissances nucléaires de respecter leurs obligations au titre du Traité sur la non-prolifération et de prendre des mesures concrètes en faveur du désarmement.

Shiro Suzuki a également interpellé directement le gouvernement japonais. Il lui a demandé de préserver les trois principes non nucléaires — ne pas posséder, ne pas fabriquer et ne pas autoriser l’introduction d’armes nucléaires sur le territoire — et de participer à la première conférence d’examen du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Seul pays à avoir subi des bombardements atomiques en temps de guerre, le Japon n’a pourtant pas adhéré à ce traité et demeure placé sous le parapluie nucléaire des États-Unis.

La Première ministre Sanae Takaichi a affirmé que son gouvernement « défend » actuellement les trois principes. Elle n’a toutefois pas indiqué clairement s’ils seraient maintenus sans modification à l’avenir.

Cette prudence intervient alors que Tokyo prépare une révision de ses principaux documents de sécurité nationale. Le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, avait récemment appelé à débattre de la politique nucléaire « sans tabou ».

La montée des tensions régionales et les arsenaux de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord nourrissent les arguments des partisans d’un renforcement de la dissuasion. Mais ils placent également le Japon devant une contradiction majeure : le pays qui porte la mémoire la plus douloureuse de la guerre atomique continue de dépendre des armes dont il réclame l’élimination.

Dans un message lu pendant la cérémonie, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a estimé que l’humanité ne devait pas vivre sous une menace permanente. Il a appelé les dirigeants à faire preuve de volonté politique, à réduire les risques et à replacer la diplomatie au cœur de la sécurité internationale.

L’âge moyen des hibakusha, les survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, dépasse désormais 86 ans. La transmission de leur mémoire devient ainsi une urgence historique.

Nagasaki n’a pas seulement commémoré dimanche une tragédie vieille de 81 ans. La ville a rappelé que tant que les armes nucléaires seront présentées comme une garantie de sécurité, une nouvelle catastrophe restera possible.

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