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La FIFA dénonce une offensive contre Infantino, soutenu par l’Afrique et l’Amérique du Sud

10 août 2026 - 09:46

Acculé par l’échec de son projet d’ouverture aux capitaux privés et confronté à la fronde du football européen, Gianni Infantino conserve deux soutiens déterminants : la CAF et la Conmebol. À quelques mois de la bataille pour la présidence de la FIFA, l’institution dénonce une campagne destinée à contourner le verdict des 211 fédérations membres.

La FIFA passe à la contre-offensive. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’instance mondiale affirme faire l’objet d’un « effort concerté et continu » visant à l’affaiblir ainsi qu’à discréditer son président, Gianni Infantino.

Sans désigner directement les auteurs de cette offensive, elle reproche à certains opposants de vouloir obtenir par les accusations, les insinuations et la désinformation ce qu’ils ne pourraient pas remporter par les mécanismes électoraux prévus dans ses statuts.

Cette sortie intervient alors qu’Infantino traverse l’une des crises les plus sérieuses de sa présidence, commencée en 2016.

Le projet qui a déclenché la crise

La contestation a pris une nouvelle dimension après la révélation d’un projet visant à ouvrir une partie des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Estimée à quelque 4,2 milliards de dollars, l’opération prévoyait la cession d’une participation dans une société regroupant des droits liés aux compétitions de l’organisation.

Face à l’opposition de plusieurs confédérations et fédérations nationales, le projet a finalement été abandonné.

Réunie en urgence au Maroc, la direction de la FIFA a renouvelé sa confiance à Infantino tout en reconnaissant que le dossier avait été mal conduit. Elle a présenté ses excuses pour avoir donné au Conseil et aux associations membres le sentiment d’être tenus à l’écart du processus décisionnel.

Ce mea culpa n’a pas suffi à calmer la fronde européenne. L’UEFA évoque une perte de confiance et maintient la menace d’un boycott des compétitions de la FIFA, y compris des Coupes du monde.

La Fédération norvégienne, dirigée par Lise Klaveness, a pour sa part réclamé le départ d’Infantino. La responsable norvégienne est citée parmi les personnalités susceptibles d’incarner une alternative lors de l’élection de 2027.

Une affaire liée aux années UEFA

La pression s’est encore accentuée après la publication d’un article du Telegraph. Le quotidien britannique affirme qu’Infantino aurait utilisé son influence pour favoriser la carrière d’une salariée de l’UEFA avec laquelle il aurait entretenu une relation intime lorsqu’il était secrétaire général de l’organisation européenne.

Le journal évoque une indemnité de départ à six chiffres ainsi que la prise en charge d’un programme de MBA. Infantino rejette catégoriquement ces allégations.

L’UEFA a confirmé l’existence d’un versement et le financement de la formation, tout en précisant que ces décisions respectaient ses règles internes de l’époque. Ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, d’établir les autres accusations rapportées par le journal, qui ne révèle pas ses sources.

La FIFA dénonce des affirmations non étayées et rappelle que « la répétition ne transforme pas une accusation en vérité ».

Le poids décisif de la CAF

Malgré la contestation européenne, Infantino peut compter sur un puissant bloc de soutien. Les 54 associations membres de la Confédération africaine de football ont annoncé à l’unanimité leur appui à sa réélection pour la période 2027-2031. Communiqué de la CAF.

La Conmebol, qui regroupe les dix fédérations sud-américaines, s’est également rangée derrière lui. Son président, Alejandro Domínguez, a salué le travail accompli par le dirigeant italo-suisse et appelé à privilégier le dialogue.

Ces 64 voix ne garantissent pas à elles seules la victoire, mais elles offrent à Infantino une base électorale solide face à une opposition essentiellement européenne. Elles montrent également que la crise ne se lit pas de la même manière selon les continents : l’Europe met en avant la gouvernance et la confiance, tandis que l’Afrique et l’Amérique du Sud valorisent les investissements et les programmes de développement conduits sous sa présidence.

À l’approche de l’élection, deux légitimités s’affrontent désormais. Les adversaires d’Infantino invoquent la responsabilité politique et menacent de se retirer des compétitions. La FIFA répond que seul le vote des associations membres peut décider de l’avenir de sa présidence.

Derrière la polémique sur les investisseurs privés se joue ainsi une bataille plus profonde : celle du rapport de force entre l’Europe et les autres confédérations dans la gouvernance du football mondial.

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