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Détroit d’Ormuz : Téhéran fixe ses conditions à Washington avant toute réouverture

10 août 2026 - 13:40

L’Iran exige des réparations pour les frappes américano-israéliennes, la levée du blocus naval et des sanctions ainsi que le dégel de ses avoirs. Un accord technique avec Oman serait proche, mais il ne suffira pas à rétablir une circulation maritime normale sans compromis avec les États-Unis.

Téhéran durcit ses conditions avant toute réouverture effective du détroit d’Ormuz. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, affirme que les États-Unis devront indemniser son pays pour les destructions provoquées par les attaques américaines et israéliennes lancées le 28 février.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmail Baghaei, a confirmé lundi cette position. Selon lui, il appartient à Washington de mettre fin à ses actions « illégales et destructrices » et d’en réparer les conséquences.

Les compensations financières ne constituent qu’un élément des revendications. L’Iran réclame également la levée du blocus naval visant ses ports et ses navires, la suppression des sanctions économiques, la libération de ses avoirs gelés à l’étranger et la fin des menaces militaires.

L’ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, avait également exigé l’arrêt des opérations contre l’Iran et ses alliés au Liban, à Gaza, au Yémen et en Irak.

Les discussions avec Oman progressent

Parallèlement au bras de fer avec Washington, l’Iran négocie avec Oman un dispositif destiné à organiser la navigation dans le détroit, dont les deux pays bordent les rives.

Selon Téhéran, les discussions avancent de manière constructive et un accord aurait déjà été trouvé sur la cartographie des futures routes maritimes. Quelques questions techniques resteraient à régler avant la publication d’une déclaration commune.

Le mécanisme envisagé porterait notamment sur la sécurité de la navigation, la protection de l’environnement, les services maritimes et la lutte contre la criminalité. Les autorités iraniennes ont laissé entendre que certaines prestations pourraient donner lieu à une rémunération.

Mais cet arrangement avec Mascate ne règle pas le contentieux politique avec les États-Unis. L’Iran prévient que le passage ne sera pas pleinement rouvert tant que Washington ne répondra pas à ses demandes.

Pas de négociations directes

Les deux adversaires ne se parlent pas directement. Des messages sont transmis par plusieurs médiateurs, alors que l’accord provisoire conclu en juin s’est effondré et que les États-Unis ont rétabli en juillet leur blocus sur la navigation iranienne.

Washington se dit disposé à lever le blocus des ports une fois qu’un accord garantissant la reprise sans entrave du trafic commercial sera annoncé. L’Administration américaine veut cependant conditionner chaque mesure d’allègement à la mise en œuvre préalable des engagements iraniens.

Donald Trump a choisi, pour le moment, de ne pas annoncer de nouvelle offensive. Il affirme mener des discussions limitées avec Téhéran tout en misant sur la pression économique exercée par le blocus et les sanctions.

Un passage vital pour l’énergie mondiale

Le détroit reste largement fermé au trafic commercial ordinaire depuis février, même si des volumes limités de pétrole continuent de passer par des voies contrôlées. Avant le conflit, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde transitaient par Ormuz.

Cette perturbation a fortement secoué les marchés. Le Brent avait approché 126 dollars le baril à la fin du mois d’avril. Il évoluait lundi autour de 84 dollars, partagé entre l’espoir d’un compromis et la crainte d’un enlisement des négociations.

La réouverture d’Ormuz dépend désormais d’un délicat séquençage : Téhéran veut obtenir des concessions avant de laisser circuler librement les navires, tandis que Washington exige des garanties iraniennes avant de lever son blocus.

Le détroit est ainsi devenu bien davantage qu’une route maritime. Il constitue la principale monnaie d’échange de l’Iran pour obtenir des réparations, un allègement économique et des garanties de sécurité face aux États-Unis.

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