Bogota annonce la suspension de tout contact politique ou diplomatique avec l’entité séparatiste et entend ouvrir une nouvelle étape dans son partenariat avec Rabat.
La Colombie a réaffirmé, lundi 10 août, son soutien à la souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris le Sahara, tout en annonçant le gel de sa reconnaissance de la prétendue « République arabe sahraouie démocratique » (RASD).
Dans un nouveau communiqué consacré à cette réorientation de sa politique étrangère, le ministère colombien des Relations extérieures explique que cette décision est l’aboutissement d’un « examen souverain » de la reconnaissance accordée à l’entité séparatiste par le précédent gouvernement.
La diplomatie colombienne souligne que la « RASD » n’est pas reconnue comme État membre par l’Organisation des Nations unies. Elle inscrit également cette nouvelle position dans la volonté de renforcer le partenariat stratégique entre la Colombie et le Maroc.
Concrètement, Bogota précise qu’elle n’entretiendra plus de contacts politiques ou diplomatiques avec l’entité séparatiste. Aucun échange de missions ni aucun soutien ne lui seront accordés au sein des instances multilatérales, notamment aux Nations unies et au Conseil de sécurité, où la Colombie siège actuellement en qualité de membre non permanent.
Selon le communiqué, cette orientation respecte le droit international, la Charte des Nations unies et le cadre tracé par la résolution 2797 adoptée en 2025 par le Conseil de sécurité au sujet du différend régional autour du Sahara.
Un tournant dans la politique étrangère colombienne
Cette décision marque une rupture nette avec la ligne suivie sous la présidence de Gustavo Petro. Son gouvernement avait rétabli, en 2022, la reconnaissance de la « RASD », suscitant de fortes critiques au sein du Parlement colombien. Une large partie du Sénat et du Congrès avait alors exprimé son désaccord et plaidé pour la préservation des relations historiques avec le Maroc.
Le changement annoncé par Bogota ne se limite toutefois pas au dossier du Sahara. Il traduit la volonté des deux pays de relancer une relation diplomatique établie depuis près d’un demi-siècle et de lui donner une dimension plus stratégique.
La nouvelle dynamique devrait s’appuyer sur une coopération renforcée dans plusieurs domaines, parmi lesquels les échanges commerciaux, la promotion des investissements, le tourisme, la sécurité alimentaire, le développement portuaire, la logistique et l’amélioration des connexions atlantiques.
L’annonce intervient quelques jours après la participation de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, à la cérémonie d’investiture du nouveau président colombien Abelardo de la Espriella, organisée le 7 août à Cali. Le ministre y représentait le roi Mohammed VI.
La nouvelle position colombienne traduit ainsi la volonté de Rabat et de Bogota d’ouvrir un chapitre différent dans leurs relations. Elle revêt également une portée diplomatique particulière en raison du mandat actuel de la Colombie au Conseil de sécurité, où les évolutions du dossier du Sahara font régulièrement l’objet de consultations et de résolutions.