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Palestine, Iran et économie au menu de la rencontre Macron–Ben Salmane

24 août 2026 - 08:03

Le président français Emmanuel Macron reçoit ce lundi à Paris le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Les crises au Moyen-Orient et le renforcement du partenariat économique et stratégique entre la France et l’Arabie saoudite domineront cette rencontre.

Après une première journée consacrée notamment à l’esport, les deux dirigeants doivent présider la réunion inaugurale du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien. Cette instance avait été créée lors de la visite d’Emmanuel Macron à Riyad, en décembre 2024.

Les discussions porteront sur la guerre à Gaza, la solution à deux États, le Liban, la Syrie et les conséquences de la confrontation avec l’Iran. Paris suit également avec attention le renforcement de la coopération sécuritaire de Riyad avec d’autres puissances régionales.

La France et l’Arabie saoudite avaient coprésidé, en juillet 2025 à l’ONU, une conférence internationale destinée à relancer la solution à deux États et à favoriser la reconnaissance d’un État palestinien. Les deux pays doivent aussi organiser une conférence consacrée au soutien aux forces armées libanaises et à l’intégrité territoriale du Liban, reportée en mars en raison de l’escalade militaire régionale.

Une coopération économique en expansion

La visite comporte également un important volet économique. Un forum réunira des dirigeants d’entreprises françaises et des responsables saoudiens autour de l’énergie, du tourisme, des transports, de la santé, de l’intelligence artificielle, du numérique et des industries culturelles.

Paris souhaite positionner ses entreprises sur les grands projets de « Vision 2030 », le programme lancé par Mohammed ben Salmane pour diversifier l’économie saoudienne et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. La France espère notamment participer aux préparatifs de l’Exposition universelle de Riyad en 2030 et attirer davantage d’investissements saoudiens.

Les deux parties doivent aussi examiner la diversification des voies d’approvisionnement énergétique, alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz continuent de peser sur le transport international des hydrocarbures.

Cette réception illustre le retour de Mohammed ben Salmane au premier plan de la diplomatie internationale. Le prince héritier, qui dirige de facto le royaume, avait été marginalisé après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, en 2018.

En 2021, les services de renseignement américains avaient estimé que Mohammed ben Salmane avait approuvé une opération visant à capturer ou à tuer le journaliste. Le prince héritier a toujours nié avoir ordonné son assassinat.

La visite suscite donc des critiques en France. Plusieurs syndicats de journalistes la considèrent comme une offense aux défenseurs de la liberté de la presse. Ils rappellent qu’une plainte pour « tortures et disparitions forcées », déposée en 2021 par Trial International et Reporters sans frontières dans le cadre de l’affaire Khashoggi, reste en cours d’instruction.

La rencontre met ainsi en lumière la contradiction entre les intérêts diplomatiques et économiques de la France au Moyen-Orient et les critiques persistantes concernant la situation des droits humains en Arabie saoudite.

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