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Mineurs arrivés à Sebta : leur accueil divise les régions espagnoles

27 août 2026 - 08:55

Le gouvernement espagnol réunit ce jeudi les communautés autonomes afin d’examiner le financement de la prise en charge des mineurs et leur éventuel transfert vers la péninsule. Trois régions où Vox dirige les services de l’enfance ont annoncé leur absence et menacent de saisir la justice.

Le ministère espagnol de la Jeunesse et de l’Enfance réunit ce jeudi 27 août les communautés autonomes pour tenter de coordonner la prise en charge des mineurs arrivés à Sebta occupée lors des passages massifs des 30 et 31 juillet.

La conférence sectorielle doit notamment examiner le transfert d’une enveloppe extraordinaire de 25 millions d’euros à la ville, confrontée à une saturation de ses capacités d’accueil.

Les autorités espagnoles estiment qu’environ 1 500 mineurs ont été identifiés depuis le début de la crise. Ce chiffre reste cependant provisoire, les opérations d’enregistrement et de détermination de l’âge se poursuivant.

Madrid envisage également le transfert urgent vers la péninsule de plusieurs centaines de jeunes filles, considérées comme particulièrement vulnérables. Le chiffre de 500 a été avancé, mais il ne correspond pas encore à des déplacements définitivement autorisés : chaque dossier doit faire l’objet d’un examen individuel associant les services de protection de l’enfance, le parquet et les régions d’accueil.

Trois communautés boycottent la réunion

La conférence se déroule dans un climat de vive confrontation politique. La Castille-et-León, l’Estrémadure et l’Aragon ont annoncé qu’elles ne participeraient pas à la réunion.

Dans ces trois communautés gouvernées par une coalition entre le Parti populaire et Vox, ce dernier détient les compétences relatives à l’enfance. Leurs responsables réclament le retour des mineurs au Maroc et annoncent qu’ils contesteront devant les tribunaux toute décision leur imposant d’en accueillir.

Ils demandent également que leur opposition à la répartition des 25 millions d’euros soit officiellement consignée, bien que cette somme soit destinée à soutenir les structures d’accueil de Sebta.

La ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego, accuse ces gouvernements régionaux de privilégier leur alliance avec Vox au détriment de la solidarité territoriale et de la protection des enfants.

La Catalogne se dit disposée à participer

D’autres territoires ont adopté une attitude différente. La Catalogne s’est déclarée prête à mettre une partie de son dispositif de protection de l’enfance à la disposition des mineurs arrivés à Sebta.

La Galice a également confirmé sa participation à la conférence, tout en critiquant la gestion de la crise par le gouvernement central. Ces positions illustrent une ligne de fracture qui ne correspond pas toujours exactement à l’opposition traditionnelle entre la gauche et la droite espagnoles.

Un retour au Maroc soumis à des garanties

Le débat politique espagnol tend souvent à confondre trois procédures différentes : le placement des mineurs sous la protection de Sebta, leur transfert vers une autre communauté autonome et leur éventuel retour au Maroc.

La législation espagnole interdit les expulsions collectives de mineurs. Un retour ne peut être décidé automatiquement sur la seule base de la nationalité. Il suppose notamment de vérifier l’identité de l’enfant, de rechercher sa famille et de déterminer si la réunification respecte son intérêt supérieur.

Le gouvernement espagnol affirme avoir activé les mécanismes de regroupement familial, parallèlement aux procédures permettant de transférer certains mineurs vers la péninsule. Il reconnaît néanmoins que ces démarches nécessitent l’intervention du parquet, de Sebta et de la communauté appelée à accueillir l’enfant.

La réunion de ce jeudi devra donc déterminer si les régions espagnoles sont capables de coordonner une réponse commune. Au-delà du financement, la question centrale reste celle de la répartition des responsabilités : Sebta affirme ne plus pouvoir assumer seule l’accueil, tandis que plusieurs communautés refusent toute prise en charge hors de la ville.

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