Le président de l’Association des barreaux du Maroc, El Houcine Ziani, affirme que la contestation de certaines dispositions régissant la profession d’avocat vise des choix gouvernementaux et législatifs précis. Il rejette toute tentative de la présenter comme une confrontation avec l’institution monarchique.
Le bâtonnier El Houcine Ziani, président de l’Association des barreaux du Maroc, a réaffirmé que le différend portant sur certaines dispositions de la législation relative à la profession d’avocat demeure un désaccord strictement professionnel et législatif. Il a rejeté toute tentative de l’exploiter à des fins politiques ou de présenter les avocats marocains comme engagés dans une confrontation avec l’institution monarchique.
Cette mise au point intervient à la suite d’une réunion à distance du bureau de l’Association, consacrée à des contenus diffusés par certains médias étrangers et jugés hostiles au Maroc. Selon le communiqué publié à l’issue de cette concertation, ces médias auraient tenté de détourner le mouvement des avocats de son contexte professionnel pour lui attribuer une portée politique étrangère à ses revendications.
L’Association rappelle que les positions exprimées par les avocats concernent un texte encadrant leur profession ainsi que des choix gouvernementaux et législatifs déterminés. Le différend se déroule, insiste-t-elle, dans le cadre des institutions marocaines, de la Constitution et des constantes nationales.
Un désaccord avec des choix législatifs
Le bureau de l’Association condamne ce qu’il qualifie de tentative extérieure de récupération d’un conflit professionnel interne. Il refuse notamment que les revendications relatives à l’indépendance et à la dignité de la profession soient utilisées pour porter atteinte au Maroc, à ses institutions ou à ses symboles.
« Les gouvernements doivent répondre de leurs politiques, les lois peuvent être révisées et amendées et les choix publics sont soumis à la critique et à l’évaluation », souligne en substance le communiqué. Celui-ci établit toutefois une distinction nette entre la discussion des décisions gouvernementales et législatives, d’une part, et les constantes de l’État, d’autre part.
El Houcine Ziani considère ainsi que le Roi, dans la conscience des avocats comme dans celle de la nation, ne saurait être présenté comme une partie à un différend gouvernemental ou professionnel. L’institution monarchique demeure, selon les termes du communiqué, un symbole de l’unité nationale, de la continuité de l’État, de sa stabilité et de sa souveraineté.
L’Association rejette donc toute lecture qui placerait les protestations des avocats dans un face-à-face avec la monarchie. Elle estime qu’une telle interprétation dénature la portée du mouvement et facilite son exploitation par des médias poursuivant des objectifs sans rapport avec les revendications initiales.
Une référence à l’histoire de la profession
Le communiqué revient également sur la participation des avocats marocains aux grandes étapes de l’histoire nationale, depuis le combat pour l’indépendance jusqu’à la construction des institutions de l’État et à la défense de l’intégrité territoriale.
L’Association évoque, à cet égard, le message adressé par feu Hassan II au congrès international des avocats organisé à Marrakech en 1994. Le défunt Souverain y avait qualifié le barreau marocain d’« école séculaire de la morale nationale », en référence à sa contribution à la libération du pays, à la défense des causes nationales et à l’édification des institutions.
Pour El Houcine Ziani, cet héritage montre que l’attachement des avocats au Trône et à la nation ne constitue ni une position dictée par les circonstances ni une réaction ponctuelle à une campagne médiatique. Il s’inscrit, affirme-t-il, dans l’histoire politique et professionnelle du barreau marocain.
Défendre la profession « sous le toit de la nation »
Cette clarification ne signifie pas que les avocats renoncent à contester les dispositions qu’ils jugent préjudiciables à leur profession. L’Association réaffirme leur droit à défendre l’indépendance du barreau, sa dignité et les garanties nécessaires à l’exercice de la défense.
Elle souligne néanmoins que cette mobilisation se déroule « sous le toit de la nation » et « au sein d’un État d’institutions ». L’objectif affiché consiste à préserver la distinction entre, d’un côté, une contestation professionnelle légitime et, de l’autre, les positions touchant aux constantes nationales.
Le bureau de l’Association affirme par ailleurs que le barreau marocain ne sera pas utilisé comme un instrument par des acteurs cherchant à viser le pays ou ses institutions. Il refuse que ses déclarations soient extraites de leur contexte ou que ses mobilisations deviennent, selon les termes du communiqué, le « carburant d’une propagande hostile au Maroc ».
El Houcine Ziani conclut en réaffirmant la fidélité des avocats marocains au Trône et à la nation ainsi que leur attachement au roi Mohammed VI. Le message central du communiqué consiste ainsi à maintenir deux positions simultanées : la poursuite de la défense des intérêts professionnels des avocats et le refus de toute récupération susceptible de transformer un différend législatif interne en conflit avec les fondements institutionnels du Royaume.