Le Pakistan a défendu auprès de l’Iran l’application « sincère » du Mémorandum d’entente d’Islamabad comme seule voie réaliste pour avancer vers la paix, alors que l’Organisation de coopération de Shanghai a de nouveau appelé à une solution politique et diplomatique au conflit entre Téhéran et Washington.
Ce message a été transmis par le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, à son homologue iranien, Abbas Araghchi, lors d’une rencontre bilatérale tenue en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek, au Kirghizstan.
Selon la diplomatie pakistanaise, les deux ministres ont convenu de la nécessité de maintenir un contact continu face à l’évolution de la crise au Moyen-Orient. Islamabad a insisté sur le fait que le dialogue et la mise en œuvre de l’accord conclu en juin constituent le seul chemin pour mettre fin aux hostilités entre l’Iran et les États-Unis.
Le Mémorandum d’Islamabad, obtenu avec la médiation pakistanaise, avait posé les bases d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Mais la guerre demeure ouverte et la région reste exposée à une forte tension militaire.
Le sommet de l’OCS a également renforcé le soutien politique à l’Iran. Dans la déclaration publiée à l’issue de la réunion, les États membres ont réaffirmé leur appui à la souveraineté et à l’intégrité territoriale iraniennes, tout en plaidant pour un règlement du conflit exclusivement par des moyens politiques et diplomatiques.
L’organisation a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’évolution de la situation au Moyen-Orient et autour de l’Iran. Elle a aussi condamné les attaques contre le territoire iranien, qui auraient causé la mort de nombreux civils et provoqué de graves dommages à l’économie du pays.
Pour l’OCS, ces actions violent les principes du droit international et de la Charte des Nations unies, et comportent de sérieux risques pour la paix, la sécurité et la stabilité mondiales.
La rencontre de Bichkek réunit plusieurs acteurs majeurs de l’espace eurasiatique, dont la Russie, la Chine, l’Inde et l’Iran. La présence simultanée de Vladimir Poutine, Xi Jinping et Massoud Pezeshkian donne au sommet une portée géopolitique particulière, sur fond de guerre en Ukraine et de conflit entre les États-Unis et l’Iran.
Le président iranien doit rencontrer Vladimir Poutine, l’un des principaux alliés de Téhéran, après l’entretien entre le dirigeant russe et Xi Jinping. L’OCS, qui regroupe des pays représentant une part importante de la population mondiale et du poids économique global, cherche ainsi à s’affirmer comme un espace de concertation alternatif face au bloc occidental.
La présence du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, souligne également la gravité du moment. Celui-ci a qualifié de « regrettable » la reprise des attaques entre les États-Unis et l’Iran après un mois de pause dans les hostilités.
Le conflit a connu une nouvelle escalade après une attaque américaine contre l’île iranienne de Larak, suivie de ripostes iraniennes contre des bases américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
Dans ce contexte, le Pakistan tente de préserver le rôle diplomatique acquis grâce au mémorandum de juin. Sa position vise à maintenir un canal politique avec Téhéran, à éviter une escalade régionale plus large et à défendre une issue négociée à une guerre dont les conséquences pourraient dépasser largement le Moyen-Orient.