Alors que la flambée des prix de la viande rouge continue de peser lourdement sur le panier des ménages marocains, un professionnel du secteur préconise de protéger le cheptel national, de soutenir les importations et de moderniser les circuits d’abattage et de distribution.
À l’approche des prochaines échéances électorales, avec leur cortège de programmes et de promesses, l’une des principales difficultés ayant marqué le mandat gouvernemental actuel revient au premier plan : la hausse persistante des prix de la viande rouge.
Alors que le pouvoir d’achat s’impose dans le débat préélectoral, plusieurs acteurs politiques et professionnels avancent différentes propositions pour enrayer cette flambée et ramener les prix à un niveau plus accessible aux consommateurs.
Ahmed Atlassi, boucher et professionnel du secteur, estime qu’il serait possible de faire baisser les prix, qui oscillent actuellement entre 130 et 180 dirhams le kilogramme, en interdisant l’abattage des brebis. Une telle mesure serait, selon lui, indispensable pour reconstituer le cheptel national. Elle devrait s’accompagner d’un encouragement des importations afin de couvrir les besoins du marché.
Le professionnel explique que le rythme des importations d’ovins a ralenti en raison de l’augmentation des prix sur le marché espagnol. Malgré sa proximité géographique et des frais de transport moins élevés, l’Espagne serait ainsi devenue une source d’approvisionnement plus coûteuse. Les importations en provenance de marchés plus éloignés, comme le Brésil ou l’Uruguay, entraînent pour leur part des délais plus longs et des coûts logistiques importants.
Dans une déclaration à AlYaoum24, Ahmed Atlassi affirme également que la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée appliquée aux importations d’ovins pourrait contribuer à réduire le prix de la viande d’environ 10 dirhams par kilogramme.
Il appelle par ailleurs à créer des abattoirs modernes afin de garantir davantage de transparence et de mieux protéger les droits des consommateurs comme ceux des bouchers. Il préconise également de soutenir la production et la consommation nationales et de développer des circuits de distribution plus efficaces et plus stables.
Le professionnel critique enfin les différentes mesures prises par le gouvernement pour contenir les prix de la viande et assurer leur stabilité. Selon lui, ces dispositions n’ont pas produit les résultats escomptés.
Il appelle donc à revoir les politiques adoptées, avec un double objectif : préserver le cheptel national et faciliter les importations lorsqu’elles sont nécessaires pour répondre à la demande.