Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, affirme que son homologue marocain Nasser Bourita lui a indiqué que les récentes déclarations de ministres marocains concernant Sebta et Melilla avaient été formulées dans un contexte de campagne électorale et ne reflétaient pas la position officielle du Royaume. Madrid maintient néanmoins son rejet de toute remise en cause de la souveraineté espagnole sur les deux villes.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a affirmé mardi que Nasser Bourita lui avait apporté des précisions concernant les récentes déclarations de responsables gouvernementaux marocains sur Sebta et Melilla.
Lors d’un entretien accordé à la télévision publique espagnole TVE, Albares a indiqué que son homologue marocain lui avait expliqué que les ministres concernés s’étaient exprimés en tant que représentants de leurs formations politiques et dans le contexte de la campagne électorale en cours au Maroc, et non dans l’exercice de leurs fonctions gouvernementales.
Selon la version rapportée par le chef de la diplomatie espagnole, Bourita lui aurait également indiqué que ces déclarations « ne constituent pas la position officielle » du Maroc.
Malgré ces explications, Albares a réaffirmé le rejet par Madrid de toute déclaration remettant en cause ce que l’Espagne considère comme sa souveraineté sur Sebta et Melilla. Il a estimé que de telles prises de position étaient susceptibles de porter atteinte aux relations bilatérales entre les deux pays.
Le ministre espagnol a également rappelé que Madrid avait déjà fait connaître, par les canaux diplomatiques, son opposition aux déclarations de responsables marocains concernant les deux villes et qu’elle n’accepterait aucune remise en cause de ce qu’elle considère comme son intégrité territoriale.
Cette nouvelle séquence intervient dans un climat politique et diplomatique sensible entre Rabat et Madrid, après plusieurs déclarations de responsables marocains sur Sebta et Melilla, alors que le Maroc est engagé dans la campagne précédant les élections législatives prévues le 23 septembre.
Parallèlement, Albares s’est rendu à Bruxelles pour des discussions avec des responsables de l’Union européenne portant sur la situation de Sebta et Melilla dans le cadre des institutions et des politiques européennes, notamment sur les questions liées aux frontières et à l’activité économique.
La déclaration faite sur TVE apporte ainsi, du point de vue espagnol, un élément nouveau dans la controverse : Madrid distingue désormais les prises de position exprimées par certains responsables politiques marocains de ce qu’Albares présente, sur la base de son échange avec Bourita, comme la position officielle du Royaume.