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Affaire Jabaroot : les avocats de Mehdi Hijaouy démentent « catégoriquement » les accusations d’ABC

09 septembre 2026 - 18:33

Les avocats français William Bourdon et Vincent Brengarth rejettent les accusations publiées par le quotidien espagnol ABC établissant un lien entre Mehdi Hijaouy et la fuite de données des services de renseignement marocains au profit du groupe de hackers Jabaroot. La défense affirme que son client n’a jamais transmis d’informations classifiées et réclame un rectificatif au journal espagnol.

Les avocats de Mehdi Hijaouy ont réagi aux graves accusations publiées par le quotidien espagnol ABC. Dans un communiqué daté du mercredi 9 septembre à Paris, le cabinet Bourdon & Associés oppose un « démenti catégorique » aux informations mettant leur client en cause.

Les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth contestent que Hijaouy soit à l’origine d’une fuite massive de données concernant les services de renseignement marocains au profit du groupe de hackers Jabaroot, comme l’affirme ABC dans un article signé par la journaliste Ketty Garat.

Le quotidien espagnol avait soutenu, sur la base de sources de renseignement, que Hijaouy, qu’il présente comme un ancien numéro deux de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), serait à l’origine de la fuite ayant exposé l’identité de 70.381 agents présumés des services marocains.

La défense oppose une négation sans ambiguïté. Elle affirme que Mehdi Hijaouy « n’a jamais transmis, communiqué ou divulgué », à Jabaroot ou à quelque tiers que ce soit, des bases de données, documents ou informations relevant des services de renseignement marocains, qu’il s’agisse de fichiers d’agents, d’éléments relatifs à des opérations de surveillance ou de tout autre document classifié.

Ses avocats précisent également que leur client n’aurait jamais eu le moindre contact, direct ou indirect, avec ABC ou avec Ketty Garat, dans le cadre de la préparation de l’article comme en dehors de celle-ci.

Le communiqué attaque surtout la solidité des éléments avancés contre Hijaouy. Les accusations reposeraient, selon ses avocats, sur des « sources de renseignement » anonymes sans qu’aucun élément matériel tangible et vérifiable ne soit produit pour établir un lien entre leur client et les données divulguées.

L’affaire reste toutefois marquée par des versions frontalement opposées. Ketty Garat a présenté publiquement un document qu’elle décrit comme attestant des anciennes responsabilités de Hijaouy au sein de la DGED et affirme que celui-ci serait en mesure de fournir des informations relatives à l’opération Pegasus. La portée probante de ces éléments est contestée au Maroc, où il est notamment relevé qu’une ancienne carte professionnelle peut éventuellement attester d’une fonction passée sans établir, à elle seule, l’implication de son titulaire dans des fuites survenues plusieurs années plus tard.

William Bourdon et Vincent Brengarth demandent désormais formellement à ABC de publier un rectificatif et invitent les médias ayant repris ces informations à faire preuve de la plus grande prudence.

Cette mise au point ne tranche évidemment pas, à elle seule, le fond de l’affaire. Elle impose en revanche une distinction journalistique essentielle entre les accusations formulées par ABC, le démenti formel de Mehdi Hijaouy par l’intermédiaire de ses avocats et les faits qui pourront être établis indépendamment par des éléments vérifiables.

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