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Intelligence artificielle : l’ONU appelle à une action urgente face à des risques sans précédent

14 septembre 2026 - 19:27

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, met en garde contre l’accélération du développement des systèmes d’intelligence artificielle les plus avancés. Son appel intervient alors que plusieurs dirigeants du secteur technologique demandent eux-mêmes de ralentir la course aux modèles toujours plus puissants.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé lundi les États et les entreprises technologiques à agir de toute urgence face aux risques liés au développement accéléré de l’intelligence artificielle.

Pour le responsable onusien, la course actuelle vers des systèmes toujours plus puissants pourrait affecter l’ensemble des droits humains, y compris le droit à la vie, et faire peser des risques d’une ampleur encore difficile à mesurer sur les sociétés et les générations futures.

Cet avertissement prolonge celui formulé le 7 septembre devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Volker Türk avait alors estimé qu’une intelligence artificielle avancée pourrait représenter un « risque existentiel pour l’humanité », appelant à mettre en place des règles contraignantes, des contrôles indépendants et des lignes rouges communes avant que certaines capacités ne deviennent incontrôlables.

Il s’inquiète également de la concentration du pouvoir technologique entre les mains d’un nombre limité d’entreprises capables de prendre des décisions dont les conséquences pourraient concerner l’ensemble de la planète.

Les patrons de l’IA appellent eux aussi à ralentir

Le débat a pris une nouvelle dimension après l’intervention de Dario Amodei, directeur général d’Anthropic. Celui-ci a plaidé ce week-end pour un ralentissement du développement des systèmes les plus avancés afin de donner davantage de temps aux chercheurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics pour en évaluer les risques.

Sa position a reçu le soutien de Sam Altman, directeur général d’OpenAI, ainsi que d’Elon Musk, qui dirige xAI. Parmi les pistes avancées figurent notamment des évaluations indépendantes plus poussées et une coopération internationale renforcée sur la sécurité des modèles les plus performants.

Donald Trump refuse de ralentir la course

Le président américain Donald Trump rejette toutefois cette approche. Il a affirmé lundi que les États-Unis disposent déjà des moyens réglementaires et judiciaires nécessaires pour intervenir en cas de dérives et a dénoncé ce qu’il présente comme une campagne hostile au développement de l’intelligence artificielle.

Selon lui, imposer de nouveaux freins à l’industrie américaine profiterait essentiellement à la Chine, dans un contexte de compétition technologique de plus en plus intense entre les deux puissances.

Deux visions s’affrontent ainsi de plus en plus ouvertement : celle qui considère qu’un ralentissement et des garde-fous internationaux sont devenus indispensables face aux capacités émergentes de l’IA, et celle qui redoute qu’une réglementation trop contraignante n’affaiblisse les pays qui l’adopteraient dans la compétition mondiale.

Pour Volker Türk, la question dépasse désormais la seule rivalité technologique : la gouvernance de l’intelligence artificielle devient un enjeu de droits humains et de responsabilité collective.

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