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Au Parlement européen, l’Italienne Ilaria Salis conteste le récit espagnol sur Sebta

18 septembre 2026 - 08:00

L’eurodéputée italienne a affirmé que Sebta ne pouvait être présentée comme espagnole ou européenne sans tenir compte de sa géographie africaine et de son histoire coloniale. Une intervention qui tranche avec la résolution adoptée par la majorité de l’hémicycle.

La crise migratoire de Sebta a fait surgir au Parlement européen un débat plus large sur le statut et l’histoire de la ville. L’eurodéputée italienne Ilaria Salis a contesté la présentation espagnole de Sebta comme une ville européenne, estimant que sa situation géographique et son héritage colonial devaient être pris en compte.

« Sebta n’est pas l’Espagne, Sebta n’est pas l’Europe », a-t-elle déclaré lors d’une intervention au Parlement européen, selon les propos rapportés par Alyaoum24. L’élue a rappelé que la ville se situe sur le continent africain et a qualifié sa présence espagnole de prolongement de l’héritage colonial européen.

Son intervention s’inscrit dans le débat ouvert après les tentatives de franchissement collectif enregistrées les 30 et 31 juillet. Ilaria Salis a critiqué l’usage de ces événements dans un discours qu’elle juge nationaliste et racialisant, alors que plusieurs forces politiques espagnoles réclament un durcissement de la réponse européenne envers le Maroc.

Ces déclarations interviennent au lendemain de l’adoption par le Parlement européen d’une résolution de soutien à Sebta, approuvée par 339 voix contre 225, avec 16 abstentions. Le texte, porté notamment par le Parti populaire européen et soutenu par des groupes de droite et d’extrême droite, qualifie l’instrumentalisation de la migration irrégulière d’outil de « guerre hybride » et demande un renforcement de la protection des frontières.

La position de l’eurodéputée italienne ne modifie pas le statut juridique défendu par l’Espagne et les institutions européennes, qui présentent Sebta et Melilla comme des villes espagnoles et des frontières extérieures de l’Union. Elle remet toutefois au centre du débat une réalité souvent écartée des discours sécuritaires : Sebta est située en Afrique et demeure au cœur d’un contentieux historique et territorial entre Madrid et Rabat.

Dans une discussion dominée par le contrôle migratoire et la sécurité, cette voix minoritaire invite à ne pas dissocier les événements présents de l’histoire coloniale, de la géographie et des rapports de voisinage qui façonnent la région.

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